segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Red Line 7000

LOUIS SKORECKI 7 AVRIL 2005 À 01:33

Cinécinéma classic, 20 h 45.

La scène se passe à la Cinémathèque des Grands Boulevards. Deux garçons dégingandés, 30 ans à peine, discutent à voix basse.

Marre du pape.

C'était le père. Le dernier.

M'en fous.

Tu en connais beaucoup, des pères qui ne se dédisent pas ?

Mon père est comme ça.

Ton père n'y est pour personne. Il ne répond même pas au téléphone. Ça donne des crétins comme toi.

Laisse-moi tranquille. Tu crois que ça va être bien, Red Line 7000 ?

Rien à foutre de Hawks. De toute façon, ce sera moins bien que la veillée mortuaire de samedi sur France 2. Du direct, rien que du direct. C'est le plus beau film de l'année, le plus émouvant. Plus ça va, plus je l'aime, ce pape.

Tu l'as vu, Red Line 7000 ?

Oui, il y a longtemps.

Tu t'en souviens ?

Non.

C'est mauvais signe.

Au contraire. Oublier un film, c'est bon signe. Signe qu'il est bon, si tu préfères.

Tu te fous de ma gueule ?

Pas du tout. On ne se rappelle que les mauvais films. Les Scorsese, les Clint Eastwood, les Fellini, on s'en souvient des années plus tard. Les Ford, on les oublie toujours.

Tu crois ?

Evidemment. Tu as vu le Malin ?

Ce truc sur les prédicateurs ? John Huston, c'est ça ? Oui, je m'en souviens très bien.

Tu l'aimes ?

Non.

Et Fat City ?

Ce truc sur les boxeurs ? Huston ? Je m'en souviens très bien.

Tu l'aimes ?

Non.

Tu vois que j'ai raison.

Red Line 7000, ça parle de quoi ?

De courses automobiles.

C'est avec qui ?

James Caan. C'est son premier film.

Ça va être bien alors ?

Oui.

SKORECKI Louis

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