segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Reines d'un jour

LOUIS SKORECKI 21 JANVIER 2003 À 21:54

Canal +, 23 heures.

Dire d'abord que Reines d'un jour est un joli film, même si l'expression n'a pas bonne presse. C'est comme «petit maître». On écrit qu'un cinéaste, Kurosawa par exemple, est un petit maître, et les lettres d'insultes se ramassent à la pelle. Un petit maître, pourtant, c'est déjà un maître. On devrait prendre ça pour une bonne nouvelle. On croyait qu'il n'y en avait plus, des petits maîtres. On croyait que c'était fini. Un film, c'est pareil. Il devrait être flatté qu'on le trouve joli. Les films, les maîtres, ils veulent tous être grands. Réévaluer les jolies choses, les petites choses, les petits maîtres. Sinon, c'est chef-d'oeuvre obligatoire à chaque repas. Tu ne trouves pas ça louche, petite fille ?

Reines d'un jour rend heureux. Pas comme ces films dont les journaux (et les colonnes Morris) proclament qu'ils rendent heureux. Quelle différence entre un Tonie Marshall, formaté pour donner la pêche (Vénus beauté, par exemple) et la jolie comédie de Marion Vernoux ? Regarder à deux fois. Les deux films racontent les malheurs au quotidien de quelques pouffiasses (ne pas le prendre mal, ce mot, on le dit avec tendresse, même si beaucoup ne nous croiront pas). Chez Tonie Marshall, comme chez Marion Vernoux, il s'agit de retrouver la formule de la comédie américaine, et d'en faire une sorte de post-reality show à la française, de docu drama sur grand écran. Ce n'est pourtant ni dans la glamourisation du quotidien, ni dans la réévaluation du malheur, que se joue la différence. Dans le charme des personnages ? Dans le talent des actrices ? Dans l'art des grimaces et des dialogues, cette manière de dessin animé à la Brétécher ? Tu n'y es pas, petite. Cherche encore. Même refus de la grisaille, même humour un peu speed. Pourquoi préférer Reines d'un jour, alors ? Une chanson de Brassens hystérisée par Catherine Ringer, le merveilleux Victor Lanoux, obsédé par un grand amour de jeunesse, la jeunesse d'Hélène Fillières. On appelle ça la mise en scène.

SKORECKI Louis

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