segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Requiem for a Dream

LOUIS SKORECKI 4 JUIN 2004 À 00:54

Rêve ou cauchemar, tu ne sais plus. Tu manges des litres de glace au chocolat en regardant ce film à la con que tu ne peux pas t'empêcher d'aimer, Requiem for a Dream. Tu l'as vu six ou sept fois, il t'écoeure, tu n'en peux plus. Tu l'aimes trop, ce film, tu le détestes, tu ne sais plus. Tu as horreur de ce caca trop propre de sale gosse new-yorkais trop bien nourri, mais tu l'aimes en même temps. Horreur ou plaisir, il faut choisir. Il faut savoir mais toi, tu ne sais pas. Tu siffles en boucle cette belle chanson stupide des Rolling Stones, Mother's Little Helper, elle te rappelle cette vieille dame indigne, jouée du bout du bout des nerfs par la reine de l'Actor's Studio, la merveilleuse Ellen Burstyn. Elle règne sur ce film à la con, en pleine overdose de médicaments, en pleine overdose d'hystérie, comme les deux junkies amoureux qui sont les improbables jeunes premiers de ce mélo drogué.

Trop, c'est trop. Demain j'arrête.

Tu arrêtes quoi ? Le palfium ?

J'arrête les dialogues, j'arrête ce film. Tout ça me tue.

La vie est très surestimée, tu sais.

Garde tes conneries pour toi, s'il te plaît.

Tu méprises la théorie.

Théorie mon cul.

Tu veux savoir pourquoi tu te défonces avec ce film ?

Vas-y, je t'écoute.

Requiem for a Dream ne parle pas de drogue. Ni d'amour, d'ailleurs.

Il parle de quoi, alors ?

De la vie de cinéma, en tant qu'elle serait plus scintillante que la vraie vie.

Le rouge à lèvres assorti au rouge des escarpins, c'est ça ?

C'est ça.

L'art du pigment pur, du cube Lego, des reflets teenage de la vraie vie ?

C'est ça. L'effet Haribo.

ça ne me dit pas comment je peux arrêter de grossir. Ce film me fait grossir, tu comprends ?

Mange moins de popcorn.

Je suis grosse, c'est ça ?

Mais non ma chérie. Juste un peu potelée.

SKORECKI Louis

Cinécinéma auteur, 22 h 40.

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