segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Rio Lobo

19 JANVIER 2005 À 23:44

LOUIS SKORECKI

Tout le monde sait que ce film est le troisième volet d'un triptyque de Howard Hawks. Qu'est-ce qu'on en a à foutre ? Qu'est-ce qu'on en a à foutre de savoir que c'est son dernier film ? Si tu veux mon avis, le dernier vrai film de Hawks, c'est le Sport favori de l'homme.

Tu veux dire qu'il n'a rien fait de bon après le Sport favori de l'homme, c'est ça ?

C'est ça. Rio Lobo n'existe pas.

Comme Eldorado ?

Pire qu'Eldorado, tu veux dire. Quelle est la différence entre Rio Bravo et Rio Lobo ?

Une question de dates, c'est ça ?

C'est ça. Quelle est la différence entre 1959 et 1970 ?

1970 vient après 1959.

Plus de dix ans après, tu veux dire. Rio Bravo marque la fin du cinéma sans guillemets, la fin du cinéma d'usine.

Tu ne disais pas qu'il n'y avait plus d'art d'usine après 1955 ?

Je ne disais pas ça.

Tu disais quoi, alors ?

Tu as oublié ? 1955, c'est l'apparition à la télévision de la série fondatrice du postcinéma, Alfred Hitchcock présente.

Et après ?

Des beaux films, des tas de beaux films. Peut-être les plus beaux. Quatre ou cinq ans plus tard, c'est fini.

Fini, fini ?

Eh oui.

Avec des exceptions.

De temps en temps. Lolita en 1962, Frontière chinoise en 1966.

Et le Sport favori de l'homme en 1964, non ?

Oui.

Daney aimait beaucoup Rio Lobo, non ?

Non. Il y avait juste matière à écrire sur le délabrement du cinéma. Il ne pouvait pas passer à côté de ça. John Wayne vieillissait, tu vois. Il n'avait plus droit à la plus belle fille.

C'est ça le délabrement du cinéma ?

Oui. La vieille fille, c'était lui.

SKORECKI Louis

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