quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Seven. Ciné Cinéma 1, 21 heures.

LOUIS SKORECKI 19 MARS 1999 À 00:12

Il y a pire. Il y a toujours pire. Seven, chiffre juif, réduit à une overdose d'obscurantisme, une vulgarité assassine, une violence cryptée vaguement gore, vaguement voyeuse, vaguement emphatique, même pas ironique. Un navet bruyant, affreusement joecockerisé. Joecockerisé? Encore un néologisme, même pas expliqué" Il s'agit, en fait, d'un effet rauque, un effet nègre. Aujourd'hui, c'est tendance, il faut du noir. Du sombre script à l'acteur afro-américain, question de mode, question de quotas. Mais on ne trouve pas tous les jours un Bill Cosby (l'ancêtre intelligent de toutes les déclinaisons black actuelles, de Denzel Washington à Will Smith), ciné-équivalent des disques SAR de Sam Cooke voire même de Tamla, infiniment plus vif que Sidney Poitier, esclave d'Hollywood depuis cinquante ans. On ne trouve pas tous les jours un Ray Charles non plus, même junkie, même country. La voix, l'âme. «Soul», comme ils disent. Comme un gros mot, comme «homo» chez Aznavour. Quand on ne trouve ni un nouveau Cosby, ni un nouveau Ray Charles, on cherche l'imitateur. Blanc ou noir, peu importe au pays des faussaires ­ le cinéma américain. Un temps, on a trouvé Joe Cocker. Dans Seven, c'est le tour de Morgan Freeman. Un Joe Cocker noir, passablement usé par les mêmes excès (cigarettes, alcool, mauvais copains, mauvaises femmes, mauvaises défonces), excellent imitateur/chapeau mou, sorte de Marlowe/Bogart/Zucchero. Pas mauvais acteur, d'ailleurs. On ne dira jamais assez combien, aujourd'hui, les dialogues sont meilleurs (plus adultes), les acteurs plus efficaces (plus nerveux), et les films infiniment plus mauvais. Pour un acteur limité comme Bogart, plein de tics, de rictus, de grimaces, combien de Morgan Freeman efficaces, noirs ou blancs (comme son jeune collègue Brad Pitt, quand même plus convaincant que le jeune DiCaprio)?

Et Seven? Signé Fincher, c'est un vague thriller parano et urbain, même pas rivettien, n'expiant aucun de ses sept péchés. Un film obèse, jazzy/jazz, minimal funk, débogartisé, Actor's Studioïsé, vaguement FM, vaguement zen, entre foot et porno, pour les fidèles de la chaîne du foot et du....

SKORECKI Louis

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