quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Soupçons

Cinécinéma Classic, 10 h 30.

Par Louis SKORECKI

Ne comptez pas sur moi pour vous raconter le film. Si vous ne l'avez pas vu, tant pis pour vous. Vous n'aviez qu'à y aller. Vous auriez été scotchés sur vos fauteuils rouges, ou coincés devant vos télés. Ne pas se remettre de ce genre de choses, c'est le minimum. Ça te triture, ça t'oblige à faire ta toilette mortuaire. Mortuaire ? Oui, au cas où tu passerais l'arme à gauche avant le dénouement.

Le dénouement, chez Hitchcock, c'est une nouvelle virginité donnée à chaque film. A chaque fois, tu ne sais plus où tu es. Cary Grant veut-il tuer Joan Fontaine, oui ou non ?

Ne pas manquer ce soir de voir l'Homme qui en savait trop (France 3, 20 h 50). Si vous ne l'avez pas encore vu, c'est encore mieux. Je vous envie à l'avance de découvrir Daniel Gélin déguisé en Arabe, brou de noix et tout le tintouin, invraisemblable black minstrel qui aurait rendu Hawks et John Wayne fous de jalousie sur le tournage de Rio Bravo, le plus beau film travesti de l'histoire du cinéma, au cas où vous auriez oublié. Raison de plus pour revoir l'Homme qui en savait trop. On est en 1954, quelques mois à peine avant qu'Hitch ne passe à la télé avec armes et bagages, et cinq ans avant que Hawks ne croque la drag-queen John Wayne à coups de pinceau postclassique. Hitchcock et Hawks s'y connaissaient en travelos meurtriers, sortis tout droit des minstrel shows de leur enfance rêvée. A coup de pioche, oui.

(A suivre)

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