quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Souvenirs d'en France. France 2, 0h25.

LOUIS SKORECKI 26 SEPTEMBRE 1997 À 08:50

Parmi les trente-cinq cinéastes relativement notables qui ont illustré, depuis une trentaine d'années, le mouvement dit «maniériste», André Téchiné est sans doute le plus important. Dans son «sillage», on trouvera dans le désordre quelques artistes talentueux plus très jeunes comme Olivier Assayas, Benoît Jacquot, Leos Carax, Laurent Perrin, Hal Hartley, Greg Araki, John Woo, pour n'en prendre que sept choisis (presque) au hasard et qui n'ont ni la conséquence ni la modestie talentueuse du toujours jeune Téchiné. Dès son magistralement inaugural Paulina s'en va, Téchiné balise sa carrière pour les années à venir. Souvenirs d'en France, son deuxième film, déjà plus laborieux (mais sympathiquement néobrechtien dans son traitement distancié des rapports amoureux, tout autant que des reconstitutions historiques d'une France «sociale», plus «costumée» qu'à l'accoutumée, mais aussi joliment stylisée), est judicieusement proposé ce soir dans le cadre d'une très bienvenue trilogie Jeanne Moreau. Jeanne Moreau, encore et toujours? On l'aime, on l'adore, plus que tout on l'aime.

Souvenirs" vaut aussi pour de vraies performances «à l'américaine» (ou, si l'on préfère «à la Jean Renoir»), en particulier, aux côtés de cette Jeanne Moreau gentiment et plutôt justement prolétaire, celle d'un Michel Auclair curieusement sous-employé au cinéma, celle de la toujours délicieuse Marie-France Pisier, celle de l'étonnante et pagnolienne Orane Demazis et celle du si demyien Claude Mann. Souvenirs d'en France est aussi (en ces jours de cinéma à la télé en boucle) une manière de rappeler, incidemment, comment Gael Morel, dans son premier film prometteur A toute vitesse (trop peu aldrichien et trop peu kramérien, hélas!), imite quand même un rien paresseusement ces Roseaux sauvages, de Téchiné, qui le virent naître au cinéma. Roseaux à surveiller, en revoyure-bilan, par nos soins et/ou ceux du lecteur cinéphile, lundi, sur Canal+, à 22h45.

SKORECKI Louis

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