quinta-feira, 10 de setembro de 2015

Spartacus. 13e rue, 20h40.

05/04/1999 à 00h35

SKORECKI Louis

Spartacus, péplum libertaire, Maciste stalinien, Ben Hur rebelle. Et alors? Quelques semaines après la mort de celui dont on peine à faire le deuil en l'appelant abusivement «dernier cinéaste du siècle» (un pitre comme Jerry Lewis, au hasard, nous laisse un plus grand nombre de «chefs-d'oeuvre»). Dans sa jolie notule sur Théodora, impératrice de Byzance, merveille oubliée de Riccardo Freda (Dictionnaire du cinéma), l'ami Lourcelles cite Marcel L'Herbier, Carmine Gallone ­ et surtout Spartacus (Spartaco) de Riccardo Freda, un film qui enfonce, ceux qui l'ont vu (ils se font rares) le savent, le Spartacus joliment anarchiste, c'est-à-dire hollywoodien, de Stanley «Ferme les Yeux Grands Ouverts» Kubrick (que de mauvais acteurs, de Kirk «Grimaces» Douglas à Tony «Amicalement vôtre» Curtis, en passant par Laurence «Shakespeare» Olivier). Depuis le muet, en effet, le péplum est italien. Cecil B. DeMille, comme D.W. Griffith avant lui, s'y est essayé avec une certaine grandeur, une certaine démesure, mais en général rien ne surpasse le travail des italiens, peuple/péplum par excellence. Tavernier s'était promis d'aider son vieux copain Freda mourant à réaliser sa Fiancée de d'Artagnan. Mon Dieu, comme il l'a esquintée en signant le film seul! Fatigue, sacrée fatigue. Cottafavi, mort obscurément, plus obscurément encore que Riccardo Freda. Cottafavi, Freda, deux grands méconnus d'un cinéma européen en perte d'identité, en deuil, un ciné-cinéma à la poursuite illusoire de ce Spartacus mégalo, américain qui s'est rêvé british, voire européen. Deux fantômes du cinéma d'action, deux petits maîtres italiens attachants, petits Walsh, petits Mizoguchi, petits Dwan, hantent le péplum pourtant vivace du jeune Kubrick. Valent 1 000 Kubrick, ces deux-là. Qui décrira leur tombeau, quel Guyotat, là-bas?.

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