segunda-feira, 14 de setembro de 2015

Sushi, sushi

LOUIS SKORECKI 21 JUIN 2005 À 02:40

Deux garçons plus très jeunes. L'un est mort, l'autre est vivant. Appelons-les Serge et Louis. Il y a aussi un troisième personnage, un cinéaste. Appelons-le Benoît. C'est toujours Serge qui parle le premier.

Il devient quoi, Laurent Perrin ? Je l'aimais beaucoup, ce garçon.

Lui aussi t'aimait beaucoup.

Tu crois ?

J'en suis sûr.

Tu le connaissais bien, Benoît ?

Oui.

Tu le vois encore ?

Moins.

Pourquoi ?

Les aléas de la vie.

La vie, j'ai un peu oublié.

Ah oui. Excuse-moi, Serge.

J'adorais Sushi, sushi. Romantique, léger. Contemporain mais pas trop.

Tu en parles comme d'un film Ikea.

Ah non. Un vrai vaudeville moderne.

Il en a fait d'autres depuis, tu sais.

Depuis quand ?

Depuis ta mort.

Combien ?

Benoît, tu dois savoir.

Deux, trois, pas plus.

En quinze ans ! Il ne tourne pas beaucoup, le pauvre chéri.

Il y a son documentaire sur Téchiné.

Non ! Pas possible !

Oui, oui. Et l'autre, c'était quoi, déjà ?

Trente ans. Tu l'aimais beaucoup, Louis.

Ah oui. Entre Buñuel et Biette. Très original. Très charmant. Très théâtral.

C'est la fille que tu aimais.

Ah oui. Anne Brochet. Ses manières démodées. J'adorais ça.

Désuètes ?

C'est ça. Et sa peau blanche.

Ce n'est pas du sushi, quand même.

Et si c'en était ?

Quoi ?

Du sushi.

Alors il doit s'en faire?

Il doit se faire quoi ?

Du souci.

Hi hi hi.

SKORECKI Louis

ARTE, 15 h 15.

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