segunda-feira, 14 de setembro de 2015

The Naked Kiss (2)

LOUIS SKORECKI 18 MAI 2006 À 21:16

TPS CINETOILE, 0 h 15

Je n'aime pas beaucoup ce Fuller hystérique, violent, criard, qui a toujours plu aux auteuristes français, ceux des Cahiers comme ceux de Présence du cinéma, la belle revue de Lourcelles. Ils sont en grande partie responsables du triste exil européen de Fuller, et de sa déchéance artistique. Fuller les a crus sur parole. Il était fou d'Europe, amoureux de Beethoven et d'Abel Gance, ce Gance qu'il a vainement tenté d'imiter dans sa trilogie surestimée, Shock Corridor (1963), The Naked Kiss (1965), Dead Pigeon on Beethoven Street (1972).

Fuller a choisi la sublime Constance Towers, il l'a empruntée à son ami John Ford (le Sergent noir, 1960), il lui a donné une allure plus blonde encore, plus frigide, que dans le chef-d'oeuvre terminal freudien de Ford, ce chef-d'oeuvre qu'il admirait tant. The Naked Kiss est un crescendo, une montée implacable, un mauvais orgasme. Dans le climax du film, Constance Towers découvre sous ses lèvres le baiser froid du tueur, un baiser nu (naked), un baiser de fer (le titre de travail était The Iron Kiss), celui du pédophile qui l'avait utilisée sans qu'elle le sache pour rabattre des petites filles. A la fin du film, elle enlève sa perruque, elle est chauve. Elle lui défonce la tête avec le combiné téléphonique. Samuel Fuller m'avait raconté la scène en 1963, à Hollywood, devant le tableau noir qui lui servait de story-board. Il racontait comme un dieu, c'était mieux que le film. Il mimait, criait, roulait des yeux, c'était hallucinant. Le film n'est pas mal, c'est tout.

SKORECKI Louis

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