segunda-feira, 14 de setembro de 2015

The Servant (2)

CINECINEMA CLASSIC, 16 h 40

Par Louis SKORECKI

J'ai tant aimé Losey que j'ai longtemps comptabilisé ses mauvais films tardifs comme des erreurs dont il finirait bien un jour par se remettre. Il ne s'en est pas remis. C'est qui Losey ?, demande le jeune crétin au dernier rang qui n'a même pas entendu parler de sa palme d'or pour le Messager, une horreur qui l'emporta cette année-là (1971) sur un film au moins aussi dégoûtant mais plus brillant, plus ripoliné, Mort à Venise, le pudding pédé du prince Visconti. Revenir au Servant. Le film n'est pas si mauvais que ça (même si Lourcelles parle de laborieuse dissertation sur la servitude, et d'usage vieillot des escaliers et des miroirs), mais Losey n'est plus là. Où il est, c'est une autre histoire.

On est dans du sous-Brecht, alors que la parabole du Garçon aux cheveux verts (1948) rendait au contraire à Brecht toute sa poésie. Sans parler du fantastique social à l'oeuvre dans ses films américains (Lawless, 1950; M le maudit, 1951; la Bête s'éveille, 1954) et ses films anglais d'après le maccarthysme (Temps sans pitié, 1957; Gipsy, 1958), qui témoignent d'un sens du détail mizoguchien. Après Blind Date (1959), le talent de Losey semble s'être évaporé. Il retrouvera par moments (surtout dans Accident, en 1967) ce sens de la transparence qui plaisait tant aux MacMahoniens. Ceci dit, The Servant vaut largement le surestimé Monsieur Klein (1976), qui est d'une démagogie sans nom.

Nenhum comentário:

Arquivo do blog