segunda-feira, 14 de setembro de 2015

The Servant

Cinécinéma Classic, 22 H 5

Par Louis SKORECKI

J'ai toujours eu un drôle de rapport avec ce film. Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai éprouvé un sentiment de fascination et de répulsion mêlées. D'où vient cette déception amoureuse devant un film brechtien mal fichu ? De ce qu'il est mal fichu ? Non. De ce qu'il est brechtien ? Non. Disons qu'il est plutôt pauvrement brechtien, alors que tous les Losey qui précèdent The Servant sont d'une sensualité et d'une finesse brechtienne insensée.

Le film me regarde droit dans les yeux. Comment tu peux dire ça ? Je ne dis rien d'autre que ce que dit Lourcelles. C'est qui ? Un homme qui écrit sur les films. Sur moi, il dit quoi ? Tu en serais malade. Je t'en prie, dis-le moi, dit le film. Je relis le Lourcelles. Il dit que c'est le début du naufrage pour Losey. De moi il dit quoi ? insiste le film. Il dit que tu es une laborieuse dissertation sur la déchéance et la servitude, qui fait un usage vieillot et mécanique des miroirs et des escaliers. C'est tout ? Il dit aussi que tu es le reflet superficiel et prémonitoire de la décadence dans laquelle Losey va tomber, sous l'influence de Pinter et de son univers à l'ambiguïté convenue. Et encore ? Il dit que la rhétorique remplace ici la spontanéité poétique des premiers Losey. Ah bon ? Il dit que tu es nul, et que ton succès européen a signé la fin de Losey. Le film ne dit rien. Tu pleures ? je demande. Oui, répond le film.

(A Suivre)

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