quarta-feira, 2 de setembro de 2015

Un roi et quatre reines (2)

CINéCINéMA CLASSIC, 23h35

Par Louis SKORECKI

Pas de travestis chez Walsh. Si son cinéma, tout son cinéma, n'était que virilité et jeux de désir, je n'en serais pas surpris. Il y a du déguisement chez lui, des jeux de séduction aussi, mais jamais de travestissement. Paraître en vêtements féminins serait trop difficile pour un homme qui n'a jamais aimé que les femmes et les chevaux, et qui les a aimés de la même manière, si j'ose dire. Clark Gable dans Un roi et quatre reines (1956), c'est l'autoportrait le plus convaincant du cinéaste au bandeau de pirate qu'on puisse imaginer. Même Errol Flynn, avec lequel il a plus tourné (pas moins de sept films pour Flynn, trois seulement pour Gable), n'a jamais atteint ce mélange de complicité dramatique et d'implication humaine. Errol Flynn n'était ni assez dandy (disons désinvolte), ni assez tragique.

Gable ressemblait aussi vraiment à Walsh. Même si Un roi et quatre reines n'a ni le côté Caïn et Abel de The Tall Men (les Implacables, 1955), ni l'allure shakespearienne de Band of Angels (l'Esclave libre, 1957), il en a le lyrisme et l'élégance. Il s'agit moins ici d'amour que de désir, bien que l'Esclave libre ait pu donner l'impression d'être une histoire d'amour à la manière d'Autant en emporte le vent.

On a plus d'une fois comparé ces deux sagas, mais le Walsh a une sorte de «plénitude plastique» (expression de Lourcelles) qui défie le temps.

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