segunda-feira, 7 de setembro de 2015

Va et vient

LOUIS SKORECKI 1 SEPTEMBRE 2004 À 01:57

Cinécinéma auteur, 21 heures.

Il y a un demi-siècle, tout était plus simple. On aimait l'acteur, c'est tout. Il n'y avait qu'à choisir entre James Stewart et John Wayne, entre Gérard Philipe et Harry Baur. Avec le cinéma d'auteur, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on est perdu. Il faut des revues spécialisées pour s'y retrouver, de constantes réévaluations, des cotations d'auteur à la Bourse du cinéma. Monteiro ? Ah non, il exagère. Pourquoi ne pas se passer d'images pendant que tu y es ? Mais c'est ce qu'il a fait, couillon. Tu vois, je te l'avais dit. N'empêche, tu diras ce que tu veux, c'est quand même un acteur de la trempe de Boris Karloff, de la trempe de Bela Lugosi. Comme références, on peut trouver mieux, non ? Max Schreck, alors ? Qui ? Le prince des vampires, l'âme du Nosferatu de Murnau. Mais Monteiro n'est pas du tout l'âme de Nosferatu, il n'est qu'un vague sosie de Max Schreck ? Pourquoi pas le sosie de l'âne de Shrek pendant que tu y es ?

On y est. Quelle est la différence entre Max Schreck et João César Monteiro ? Ou même entre Klaus Kinski (qui joua le sosie de Max Schreck dans le remake de Nosferatu signé Herzog) et Monteiro ? Entre un acteur et un mannequin qui fait l'acteur, quelle différence ? Entre le cinéma et le cinéma filmé, quelle différence ? Question d'incarnation, dirait un théologien. Qu'est-ce qu'on en a à foutre de l'incarnation, dirait un cinéphile. Tout se joue pourtant là, dans cet écart qui sépare le cinéma (art d'usine) de sa copie industrielle d'auteur. Même Brando savait ça. Même Monteiro devait le savoir à ses moments perdus, quand il cessait de jouer à Jean de Dieu, personnage de don Quichotte anorexique trop photogénique pour être honnête. A ses moments perdus, Monteiro mimait Ford dans des mimodrames salaces vite oubliés. Mieux vaut encore Brando, non ?

SKORECKI Louis

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