quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Born to Be Bad. Ciné Cinéfil, 21h55.

Par Louis SKORECKI — 25 novembre 1996 à 01:03

Ignoré de la plupart des cinéphiles, Lowell Sherman a réalisé quelques films qui méritent quand même d'être sauvés de l'oubli. Né en 1885, il fait des débuts d'acteur sous la direction de D.W. Griffith dans Way Down East. Il se spécialisera peu à peu dans des rôles d'a-moureux ou de crapules avant de signer son premier film comme réalisateur avec Lawful Larceny en 1930. Il n'aura que cinq ans pour exercer ses talents de metteur en scène avant sa mort en 1934. Une douzaine de films pour une courte carrière, dont on retiendra une comédie saugrenue, The Gre-eks Had a Word for Them, et une fantaisie débridée, She Done Him Wrong.

Quelques mois avant de mourir, Lowell Sherman signe Born to Be Bad, un très curieux mélodrame inédit en France. Un bal luxueux ouvre le film. Au bar, une belle jeune fille attire tous les regards. C'est Letty Strong, jouée par l'une des grandes séductrices des années 30, Loretta Young. On a remarqué qu'elle vient tous les jours, chaque fois avec un homme différent. Qui est cette femme mystérieuse? Dans une suite contrastée de scènes dramatiques et comiques, la vraie personnalité de Letty apparaît.

Première surprise: alors qu'elle se prélasse chez elle, la police frappe à sa porte. On apprend alors qu'elle a un fils de 10 ans, Mickey (Jackie Kelk), un véritable garnement qui sèche l'école et flirte avec des gangs. On menace la mère d'envoyer le gamin en maison de correction si elle ne le surveille pas mieux. Mais elle continue de mener sa vie de femme entretenue, et Mickey, livré à lui-même, est renversé par un camion. Le propriétaire est un homme richissime, Malcolm Trevor (Cary Grant), et Letty lui fait un procès dans l'espoir de lui soutirer un maximum d'argent. Elle perd, son fils lui est retiré, Malcolm l'adopte, elle va essayer de le séduire.

Au fond, c'est le portrait d'une femme née pour faire le mal (born to be bad) et que seul l'amour qu'elle porte à son fils sauve de la perdition. La sécheresse du ton empêche le film d'être trop moralisateur.

Louis SKORECKI

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