quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Et la vie continue. Ciné Cinéfil, 15h05.

Par Louis SKORECKI — 3 décembre 1996 à 03:37

L'histoire du cinéma ne retient de l'oeuvre de Clarence Brown que ses sept films somptueux avec Greta Garbo. Il n'a pourtant pas arrêté de tourner entre 1920 et 1952. Après le Dernier des Mohicans, un premier film prometteur qu'il coréalise avec Maurice Tourneur, il dirige Garbo, en 1926, dans Flesh and the Devil. Il sera son meilleur complice jusqu'en 1937 avec Conquest. Il deviendra ensuite l'homme à tout faire de la MGM, qu'il ne quittera qu'une fois, en 1939, pour une adaptation de la Mousson.

Et la vie continue (The Human Comedy) est une ambitieuse adaptation d'un roman de William Saroyan. Tourné en pleine guerre (1943), cet hymne à la démocratie américaine est célèbre pour avoir fait pleurer Louis B. Mayer. C'était le film favori de Clarence Brown Jean-Pierre Melville l'adorait. L'homme qui raconte l'histoire est un mort. Sa voix s'élève des nuages pour brosser le portrait d'une famille unie d'Ithaca en Californie. Le fils du mort, Homer Macauley, joué par un Mickey Rooney qui se rajeunit pour paraître avoir 15 ans, travaille comme commis télégraphiste en dehors de ses heures de cours. Il est au centre de ce mélodrame d'amour et de guerre dans lequel toute la famille Macauley sert d'exemple et de référence.

La plus belle scène, magnifique, montre comment le petit frère d'Homer apprend le langage. A 5 ans, il part avec une bande de gosses voler des abricots. Il n'a pas peur et il ne sait même pas ce que ça veut dire. Quelques minutes plus tard, alors qu'il regarde un homme-automate, celui-ci s'é-carte de ses gestes répétitifs pour lui faire une grimace. Le gamin s'enfuit en hurlant de terreur, mais se met à rire soudain quand il comprend qu'il a appris ce que peur voulait dire.

Le reste du film décrit la vie simple des Macauley, leur ferveur religieuse, leurs amours, la mort du grand fils que Mickey Rooney apprend par un télégramme qu'il doit lui-même porter à sa mère. Le style très simple de la mise en scène contraste avec la complexité de cette saga éclatée.

Louis SKORECKI

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