quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Etat second. Ciné Cinémas, 22h10.

Par Louis SKORECKI — 28 janvier 1997 à 15:18

Peter Weir est l'excellent réalisateur de Witness (1985), diffusé il y a peu sur l'une de nos chaînes nationales. D'origine australienne, il s'est d'abord fait remarquer par ses fictions aborigènes, Picnic at Hanging Rock (1975) et The Last Wave (1977), avant d'émigrer avec succès à Hollywood. Avec Fearless (Etat second), il signe en 1994 son meilleur film. Adapté par Rafael Iglesias de son roman homonyme, c'est, comme le titre américain le suggère, l'étude clinique d'un homme qui ne connaît plus la peur. Interprété subtilement par Jeff Bridges, Max Klein débarque, quand le film commence, d'un champ de maïs qui rappelle celui de la Mort aux trousses. Il tient dans ses bras un bébé mort et marche tranquillement en donnant la main à un jeune garçon effrayé.

A partir de ce prologue légèrement halluciné, l'histoire va lentement dérouler son suspense. Un avion vient de s'écraser près du champ de maïs et Max Klein semble être l'un des miraculeux rescapés. Au lieu de se faire connaître des sauveteurs, il va voir une vieille copine avec laquelle il déguste lentement un bol de fraises. C'est le premier détail symptomatique de son état second: en effet, une seule de ses fraises, vue son allergie mortelle, aurait du le tuer. Il survit miraculeusement à cet excès gourmand et, rattrapé par des policiers, revient sur les lieux de l'accident. On apprend alors qu'il a sauvé de la mort inéluctable le petit garçon qui marchait à ses côtés, ainsi que d'autres passagers auxquels il a indiqué, au moment où l'avion était en plein crash, la direction des portes de sauvetage. Comment cet homme, qui tremblait de peur à l'idée de monter en avion, s'est-il ainsi métamorphosé en héros de l'air? Grâce à un psychiatre (Nicholas Turturro), à la passagère dont il portait l'enfant mort (la très belle Rosie Perez) et à sa femme (Isabella Rossellini), Max Klein apprendra à retrouver sa mort et sa peur, seule issue à sa psychose d'immortalité. Sobrement filmée par un Weir au sommet de son art modeste, cette histoire fantastique dénoue avec bonheur des effets de réel souvent saisissants.

Louis SKORECKI

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