quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Hallelujah. Ciné Cinéfil, 10 h 35.

Par Louis SKORECKI — 29 novembre 1996 à 00:41

Hallelujah est l'un des plus célèbres et des plus beaux films de King Vidor, grand maître de l'humanisme hollywoodien et de l'héroïsme chrétien. Ce fils d'un riche industriel voit le jour en 1896 et se passionne dès l'enfance pour le cinéma. Projectionniste dans sa ville natale de Galveston, il s'essaye aussi très jeune au cinéma amateur. Entre 1915 et 1925, il apprend son métier à Hollywood aux côtés de sa femme Florence dont il fait une star. Il entre à la MGM en 1923 et y signe, deux ans plus tard, son premier chef-d'oeuvre, The Big Parade, une fresque grandiose qui est aussi un pamphlet contre la guerre.

Disciple de Griffith, Vidor célèbre l'individu noyé dans la grande ville avec The Crowd, avant de critiquer les milieux du cinéma dans Show People. Entre 1925 et 1928, en trois films seulement, il est devenu l'un des grands de Hollywood. Il s'adapte avec aisance au cinéma sonore et renouvelle le western avec Billy the Kid en 1930 et Texas Rangers en 1936. Très à l'aise dans le mélodrame (Stella Dallas, la Citadelle), il s'invente un style lyrique qui n'est pas sans rappeler les sagas grandioses de Dovjenko. De son oeuvre foisonnante, on retiendra le délire épique de Duel au soleil et surtout le Rebelle, formidable exaltation de l'indépendance artistique au travers de l'itinéraire d'un architecte novateur génialement incarné par Gary Cooper.

Hallelujah est en 1929 l'un des premiers films parlants. Dans cette parabole mystique, Vidor imagine un univers à la gloire idéalisée du peuple noir. Sans jamais filmer un seul Blanc, il invente un genre, une sorte d'apartheid musical dans lequel se nouent les drames essentiels de la vie. Écrite et produite par Vidor, cette oeuvre très personnelle met en scène les tourments d'un homme simple, Zeke, dont la vie heureuse de ramasseur de coton ouvre le film. Attiré par les démons de la ville, il perdra son innocence pour une fille délurée, se rachètera en devenant prédicateur, cédera de nouveau à la tentation, avant son retour heureux à la famille et au village. Gospels et spirituals rythment cet ode à la pureté originelle des gens simples.

Louis SKORECKI

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