quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Jean Painlevé. Ciné Cinéfil, 13 h 25. Sapho. Arte, 20 h 45, téléfilm. The New Statesman. Canal Jimmy, 21 h 20, série.

Par Isabelle POTEL et Louis SKORECKI — 21 février 1997 à 17:16

Jean Painlevé. Ciné Cinéfil, 13 h 25.

Au moment où triomphe Microcosmos, il n'est sans doute pas inutile de se confronter avec la figure singulière de Jean Painlevé, le plus grand cinéaste animalier du siècle. En huit émissions de vingt-six minutes (les deux premiers chapitres aujourd'hui), nous suivons le curieux itinéraire de ce petit-fils de cocaïnomane, fils de ministre, lancé dès 1925 dans l'aventure du cinéma. De l'oeuf de l'épinoche aux Amours de la pieuvre en passant par l'Hippocampe et le Vampire, voici le portrait en images d'un homme follement amoureux du cinéma muet, auteur d'une oeuvre personnelle, à la fois scientifique et hallucinée, admirée par les surréalistes. A quand les six autres épisodes de cette passionnante saga (produite par Télélibération) signée Hélène Hazéra et Denis Derrien.

Sapho. Arte, 20 h 45, téléfilm.

Après Une page d'amour de Zola avec Miou-Miou, Serge Moati propose Sapho d'Alphonse Daudet avec Mireille Darc, toujours sur une adaptation de Pierre Dumayet. Dans le Paris des années folles, une courtisane sur le déclin devient l'éducatrice sentimentale et charnelle d'un étudiant de bonne famille. Sapho est une femme-patrimoine, tout ce que Paris compte d'artistes en vue l'a fréquentée de très près, voilà qui fascine Jean autant que le dégoûte. Suite de chromos qui ne parviennent à être ni érotiques ni décadents, seulement grotesques, le film, qui se vautre dans ses décors de carton-pâte, se résume à l'invraisemblable perruque bigoudisée qui sert de couvre-chef à Mireille Darc («cette bouche en arc»), visant évidemment à la rendre méconnaissable, mais qui ne réussit qu'à défriser les trente premières minutes du film (le temps qu'on s'habitue). La seule surprise vient pourtant de l'actrice, dont l'énergie et la conviction soulèvent les montagnes d'insignifiance et le relief trompeur de cette adaptation télé.

The New Statesman. Canal Jimmy, 21 h 20, série.

L'humour trash anglais atteint des sommets avec les méfaits sériels d'Alan B'Stard (c'est tout dire), eurodéputé au-delà du cradocynique. Dans le registre «tous pourris», la série passe au crible de son rire gras le monde politique, les journalistes, la finance, en recyclant les différents scandales qui ont animé la vie publique british. A la tête d'une mission de mauvais offices dans l'ex-Yougoslavie à feu et à sang, Alan B'Stard espère coincer ce soir le fantôme de Robert Maxwell réfugié dans les Balkans, pour lui soutirer l'argent des fonds de retraite détourné de son vivant par le magnat de la presse. Pas de doute, l'esprit satirique d'outre-Manche pourrait bien faire plus pour l'Europe que Maastricht.

Isabelle POTEL , Louis SKORECKI

Nenhum comentário:

Arquivo do blog