quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Joyeux Noël...Ciné Cinéfil, 1h25. Peter Godfrey.

Par Louis SKORECKI — 23 décembre 1996 à 02:38

Cette comédie de Noël attendrissante mais jamais mièvre est un cadeau idéal pour les fêtes de fin d'année. Signée par un réalisateur très peu connu, Peter Godfrey, c'est une sorte de mélo à rebondissement qui a la vivacité heureuse de certaines comédies du grand Lubitsch. Godfrey, qui n'a signé qu'une quinzaine de films entre 1939 et 1956, est sans doute à réévaluer. Cet ancien acteur et metteur en scène de théâtre a débuté en Angleterre où il est né en 1899. C'est au début des années 30 qu'il vient se frotter à Hollywood, où il débute avec The Lone Wolf Spy Hunt qu'on aimerait bien voir un jour à la télévision.

Les meilleurs films de Peter Godfrey semblent avoir été réalisés sur une courte période de temps (entre 1944 et 1950) et ses deux oeuvres les plus célèbres, Cry Wolf (avec un remarquable Errol Flynn) et The Two Mrs. Carrols (un thriller nerveux avec Humphrey Bogart), ont été réalisées toutes les deux en 1947. Joyeux Noël dans le Connecticut est en 1945 une excellente manière de fêter la fin de la guerre. Quand son torpilleur est coulé, Jefferson Jones, joué par Dennis Morgan, dérive seize jours sur un radeau avec une maigre ration. Affamé, il rêve de nourritures impossibles. A l'hôpital, on lui fait un menu de régime déprimant. Seuls les articles gastronomiques de la célèbre Elizabeth Lane l'aident à envisager un avenir gourmand et heureux.

Pour faire un scoop publicitaire, le patron de Stanwyck, Sidney Greenstreet, organise un fabuleux repas de Noël pour le marin rescapé. Cette comédie culinaire devient vite un chassé-croisé amoureux entre Stanwyck, fausse femme mariée, et Morgan, authentique crooner sexy. La scène du baiser qui n'en finit pas de ne pas venir est fabuleuse de suspense malin. Elle est suivie par un plan étonnant où les deux amoureux, ensevelis sous un lit de neige, miment l'acte sexuel impossible en dix secondes parfaites de trivialité brute. Où sont les temps heureux de la suggestion hollywoodienne?

Louis SKORECKI

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