quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

La Main du diable

Par Louis SKORECKI — 25 décembre 1996 à 02:29

Ciné Cinéfil. 22h25.

L'histoire du cinéma connaît de constants soubresauts. C'est ainsi que Maurice Tourneur, qui fut l'un des plus célèbres cinéastes hollywoodiens du muet entre 1912 et 1927, est aujourd'hui presque oublié, alors que son fils Jacques, méprisé de son vivant et relégué au rang de petit maître de la série B, connaît depuis vingt ans une gloire inattendue.

On se rend compte, en revoyant la Main du diable, un de ses films tardifs de 1942, que Maurice Tourneur était aussi un grand artiste. S'il n'a jamais eu le génie fulgurant dont son fils fait preuve dans Cat People ou Wichita, c'était un grand styliste qui influença énormément l'esthétique du muet à Hollywood. Formé en France à l'école du Grand Guignol, il émigra dès 1914 aux USA où il connut la gloire. On a rarement l'occasion de revoir ses chefs-d'oeu-vre muets, The Blue Beard (1918) ou le Dernier des Mohicans (1921), mais on redécouvre de plus en plus les films parlants qu'il a tournés à son retour en France, comme Justin de Marseille (1935) ou Volpone (1940).

La Main du diable est une histoire de talisman maléfique dont il faut se débarrasser si l'on ne veut pas finir en enfer. Curieusement, le film a sans doute inconsciemment influencé le chef-d'oeuvre de Jacques Tourneur, Curse of the Demon. Si le père n'a pas la virtuosité hitchcockienne du fils, il fait preuve d'un mélange d'humour et de suspense follement réjouissant. Le film raconte l'arrivée dans un chalet habité par une bande de pittoresques pensionnaires, d'un voyageur terrifié qui surgit de nulle part. Joué intelligemment par Pierre Fresnay, cet homme, auquel il manque une main, entreprend de raconter son affreuse histoire.

C'est le récit cocasse et angoissé du pacte qu'un peintre raté (Pierre Fresnay) fait sans le savoir avec le diable. Grâce à une main magique cachée dans un écrin, il devient un artiste célèbre. Mais, contrairement au héros de Curse of the Demon, qui réussit in extremis à sauver son âme, notre peintre maudit n'aura pas cette chance.

Louis SKORECKI

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