quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

La Malle de Singapour. Ciné Cinéfil, 17h40.

Par Louis SKORECKI — 17 février 1997 à 17:29

Pendant près de cinquante ans, Tay Garnett a régné en petit maître sur le cinéma hollywoodien. Plus de quarante long métrages témoignent de la vitalité de cet artisan consciencieux, formé à l'écriture rapide grâce à ses scénarios pour le formidable burlesque que fût Harry Langdon. Né en 1894 à Los Angeles, Garnett a donné le meilleur de lui-même dans la comédie et le mélodrame, deux genres qu'il a su, un peu à la manière de Hawks, mélanger inextricablement, comme dans l'étrange Seven Sinners de 1940 avec John Wayne et Marlene Dietrich. D'origine irlandaise, ami de Francis Carco, ce réalisateur a touché à tous les genres, du thriller au film d'aventures, de la screwball comedy au film noir, du western au film de guerre. Dès son premier film, Celebrity (1928), il se fait une spécialité des bagarres à la John Ford, bagarres qu'on retrouvera dans toute son oeuvre, de Son homme (1930) à Wild Harvest (1947). Si sa version fiévreuse du Facteur sonne toujours deux fois en 1946 avec John Garfield et Lana Turner demeure son film le plus célèbre, on ne doit pas oublier d'autres oeuvres, comme ce méloétrange, Voyage sans retour (1932, avec William Powell) ou une comédie joyeuse comme Joy of Living (1938). Sur le tard, avant de publier ses mémoires et de recueillir les confidences de réalisateurs connus, de Fellini à Capra, il sait montrer de la vigueur dans Cattle King en 1963.

C'est en 1935, au retour d'un voyage de deux ans autour du monde dans son bateau, que Tay Garnett signe China Seas (la Malle de Singapour). Mêlant astucieusement romance et aventure, comédie et mélo, il se lance dans cette invraisemblable histoire de pirates en mer de Chine, servi par des comédiens superbes, Clark Gable, Jean Harlow, Wallace Beery. On retrouve ici avec bonheur le même cinéaste qui signera pour la télévision au début des années 70, en douce, presque en contrebande, quelques épisodes merveilleux des Incorruptibles, de Wagon Train ou de Bonanza.

Louis SKORECKI

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