quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

La passion selon Zwoboda. Arte, 23h15, docu. Marcel Landowski. Arte, 21h50, docu. Carnets palestiniens. F3, 14h30, reportage. Au-delà de Lolita. F3,23h15, docu.

Par Eric Aeschimann , Isabelle POTEL et Louis SKORECKI — 15 janvier 1997 à 15:59

En 1929, à Fontenay-aux-Roses, se joue une étrange passion à trois (à la Jules et Jim), qui met en scène le sculpteur Zwoboda et son ami Letourneur, amoureux de la même femme, Antonia, maîtresse de l'un puis de l'autre. Anne Filali, la fille d'Antonia, raconte cette histoire poétique et turbulente, filmée à l'arraché par Christopher Horner, ancien scénariste de Ken Russel et d'Arthur Penn. Grâce à une musique lancinante pour violoncelle (l'instrument favori de Zwobada), ce portrait éclaté avance tout seul et les Suites de Bach le conduisent à son inéluctacle dénouement, la mort d'Antonia à 42 ans. L'amour de cette femme a donné à Swobada la force de créer une oeuvre libérée in extremis de l'imitation de Rodin.

Marcel Landowski Arte, 21h50, docu. Le journaliste Philippe Meyer confesse le compositeur Marcel Landowski. A 80 ans et toujours affairé (une partie de l'interview se passe en voiture), Landowski raconte comment, à la demande de Malraux, il créa au ministère de la Culture la direction de la musique: «Il y avait neuf conservatoires en banlieue à mon arrivée et plus de 300 quand je suis parti». On entend quelques extraits, parfois un peu pompiers, de ses opéras. Bien sûr, Landowski en profite pour dégommer l'esthétique de son rival de toujours, Pierre Boulez: «Je pense qu'il n'y a rien à en tirer».

Carnets palestiniens F3, 14h30, reportage. Le ministère des Affaires étrangères a financé le voyage en Palestine et en Israël d'une quinzaine de «jeunes Français issus de l'immigration», à charge pour eux de réaliser des reportages photo ou vidéo en vue du Printemps culturel palestinien. Saga-cités s'est greffé sur le projet, choisissant de suivre Karim Amraoui et Djanet Aouadi (de Dunkerque et Roubaix) à Jérusalem, Ramallah et Gaza. L'idée de substituer au commentaire classique un point de vue subjectif est dans l'air de la télé et part d'un bon sentiment. En l'occurrence, le manque de temps et sans doute de moyens donne un piètre résultat. On n'apprend rien ni sur la question palestinienne ni sur les deux «observateurs» improvisés, qui sont réduits, au lieu de parler d'eux-mêmes, à énoncer des banalités pour faire-comme-les-journalistes. Au-delà de Lolita F3,23h15, docu.A tous ceux qui s'imaginaient, à force de regarder la télévision, que la carrière de Nabokov était réductible à son seul, bien que monumental, Lolita, Un siècle d'écrivains rappelle ce soir que l'immense Vladimir n'était: 1) pas un débutant; 2) pas un littérateur crypto-pornographique. De Petersbourg à Montreux en passant par Cambridge, Berlin et Paris, cette livraison de Patricia Desmortier fait toucher du doigt la proximité de l'enthomologie et des problèmes échiquéens avec la création littéraire. Ne pas oublier non plus de magnétoscoper les extraits d'un Apostrophe d'anthologie (la théière, sur le pupitre, était pleine de whisky).

Eric Aeschimann , Isabelle POTEL , Louis SKORECKI

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