quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

La Rupture. Paris Première, 22 h 25.

Par Louis SKORECKI — 4 février 1997 à 22:10

Contrairement à ce qu'affirment certains critiques, Claude Chabrol n'est pas un très grand cinéaste. Auteur d'un unique chef-d'oeuvre, d'ailleurs méconnu, l'oeil du malin, qu'il réalise à la dérobée en hommage à son maître déclaré, Alfred Hitchcock, en 1961, soit trois ans après ses débuts naturalistes avec le Beau Serge et les Cousins, Chabrol promène, de Landru (1962) jusqu'à la Cérémonie (1995), en passant par l'Inspecteur Lavardin (1985), son ennui de filmeur agacé d'une petite-bourgeoisie répétitive. Même des soi-disant sommets comme la Femme infidèle (1969), Que la bête meure (idem), le Boucher (1970) ou Juste avant la nuit (1971) ne résistent pas à une re-vision télé. On est ici dans un univers mesquin que seul sauve une soif jamais assouvie de filmer, filmer et filmer encore. De nanars, genre Le Tigre se parfume à la dynamite (1965), en oeuvres plus ambitieuses, style Violette Nozière (1978), Chabrol ne fait preuve que d'une dextérité d'artisan ensommeillé, trop habitué à son petit monde de techniciens fidèles et d'acteurs fétiches.

Que penser, alors, de la Rupture, ce mélodrame bourgeois de 1970 avec Stéphane Audran et Michel Bouquet, acteurs chabroliens s'il en fût? Tout se joue dans la virtuosité un peu fade d'un prégénérique monté au couteau. On y retrouve Stéphane Audran, l'ex-épouse du cinéaste, en train de cuire un petit déjeuner pour son jeune fils. Son mari fait soudain irruption en trois plans hirsutes: c'est le titubant Jean-Claude «Thierry la Fronde» Drouot, dans le rôle très bref d'un junkie poilu. Dans un moment de folie furieuse, Drouot jette son jeune fils contre le mur, Audran le cognant furieusement en contre-champ-réponse avec sa poêle encore toute chaude.

Le reste du film est à la traîne de cette intro bien faite, servi par les prestations correctes de Jean-Pierre Cassel, Annie Cordy, Jean Carmet et Mario David. Seule l'interprétation habitée (comme toujours) du très grand Michel Bouquet sauve ce mélo bien arrosé de l'ennui.

Louis SKORECKI

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