quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Le Mariage de Pocahontas. La 5e, 17h55, docu. A la mémoire d'un monstre Arte, 22 h 10, docu. Le Fantôme de Longstaff. Canal +, Surprises, 10 h 35. A part ça"" David Bowie. Canal +, 20 h 35.

Par Didier Péron , Isabelle POTEL et Louis SKORECKI — 31 janvier 1997 à 15:08

Le Mariage de Pocahontas

La 5e, 17h55, docu. Oyez la «vraie» histoire de Pocahontas, qui fut amoureuse d'un planteur de tabac (et non de John Smith) et périt du fog londonien à 22 ans (comme Nanouk l'Esquimau (Flaherty) ou l'héroïne de Tabou de Murnau, qui ne supportèrent pas l'air vicié de nos cités). Deux Indiens à moitié empaillés qui passent et repassent en pirogue, une caméra traînée en laisse au milieu de roseaux d'interlude, un oeil qui luit derrière des feuilles de tabac: ni gag, ni kitcherie, le «vrai» degré zéro de l'image. A ce stade, des extraits du film de Disney n'auraient pas nui.

A la mémoire d'un monstre

Arte, 22 h 10, docu. Jürgen Bartsch assassina quatre enfants entre 15 et 19 ans, défraya la chronique en Allemagne et mourut en 1976, à 30 ans, au cours de l'opération de castration à laquelle il s'était résigné. Outre une enquête serrée et des témoignages captivants, l'étonnant docu proposé par Grand Format nous fait entendre la vie de Bartsch telle qu'il l'a racontée lui-même à son psychiatre. Vertigineux. Sa confession peu à peu nous le rend familier, la fascination et le dégoût pour ses crimes s'estompent, le mal avec un M majuscule recule. Pas de monstre, juste une vie de souffrances qui avait débuté dans l'Allemagne coupable d'après-guerre. Restent les photos des victimes et l'infinie tristesse du bourreau.

Le Fantôme de Longstaff

Canal +, Surprises, 10 h 35. Luc Moullet s'avance toujours masqué. Après quelques films historiques et tendrement rigolos (d'Un steak trop cuit, 1960, à Ma première brasse, 1981), il s'essaye depuis plusieurs années à un recyclage de ses phobies de cinéphile éclairé. Comme cette merveille (19 minutes) adaptée d'Henry James, le Fantôme de Longstaff. Moullet installe ses deux héroïnes, Iliana Lolitch et Hélène Lapiower, sur une plage déserte. Un gentilhomme de passage (Geoffrey Carey) se meurt d'amour pour la première, l'autre transmet le message. Une utilisation hardie du son direct (vagues, vent) parasite cette parodie de film en costumes, réussissant par là même à inventer un genre nouveau: l'historique minimal. Jamais les hantises amoureuses de James ne furent aussi bien rendues, avec leurs déplacements de sens et leurs glissements névrosés. Jane Campion et James Ivory pourraient en apprendre de cette formidable leçon d'adaptation cinématographique.

A part ça" David Bowie

Canal +, 20 h 35. Actu Bowie oblige (nouvel album Earthling), Canal + met la sauce via Michel Denisot qui, à New York, interviewe longuement la star désormais quinqua, teintée de roux et au charisme décidément exponentiel. . Précédant ce face-à-face et la routine des propos tenus (bouddhisme, Kerouac, peinture"), un documentaire bio qu i pullule d'images rares (concerts soul 1976, duo avec Marianne Faithfull) et restitue l'ampleur transformiste fascinante du personnage. Ceci dit sans copinage aucun, même si la chose a été effectivement coréalisée par Pascal Duchêne et Eric Dahan, journalistes dans ces colonnes.

Didier Péron , Isabelle POTEL , Louis SKORECKI

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