quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Le Miracle de la 34e rue. Ciné Cinéfil, 20h30. George Seaton.

Par Louis SKORECKI — 24 décembre 1996 à 02:35

Généralement méprisé par les cinéphiles français, George Seaton a, au contraire, une énorme cote auprès des critiques américains. Cet ancien scénariste, né en 1911, n'a réalisé qu'une vingtaine de films entre 1945 et 1973. Il traite de sujets aussi divers que le mur de Berlin (The Big Life, 1950) ou l'aventure larmoyante d'un petit garçon (Little Boy Lost, 1953). Il a dirigé mollement Fred Astaire dans The Pleasure of his Company (1961) et s'est essayé au film catastrophe avec grandes vedettes à l'appui (Airport, 1970). Il nous laisse aussi un western très bavard, Showdown (1973), qui sera son dernier film, six ans avant sa mort.

Le Miracle de la 34e rue est en 1947 le quatrième film de George Seaton. C'est un drôle de mélodrame mêlé de merveilleux qui résume bien la force et la faiblesse du style de Seaton. Le véritable héros de cette histoire est un vieux bonhomme à barbe blanche qui se prend pour le père Noël. Formidablement joué par le malicieux Edmund Gwenn, il éclipse les deux stars du film, Maureen O'Hara et John Payne, dans ce qui se révèle une fable édifiante et attendrissante.

Maureen O'Hara joue une employée du grand magasin Macy's chargée d'organiser la parade de Noël. Elle engage un vieil excentrique qui affirme être le vrai père Noël. Il va vite séduire la petite fille de Maureen (Nathalie Wood) bien que celle-ci soit sûre que le père Noël n'existe pas. Pendant qu'une histoire d'amour se tisse entre Maureen et l'avocat John Payne, notre père Noël fait monter les ventes de Macy's grâce à sa franchise et sa candeur (quand un jouet manque, il conseille au client de se rendre dans le magasin rival).

Un procès farfelu aura lieu pour décider si le père Noël existe et si Edmund Gwenn est le bon. Au final, cela donne un mélange inattendu de féerie (le cinéma hollywoodien a toujours misé sur les croyances enfantines) et de plaidoyer pour un libéralisme sauvage typiquement américain. A coup de violons judicieux et de dialogues enjoués, Seaton aura sauvé son mélo conservateur du désastre.

Louis SKORECKI

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