quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Le Rock du bagne. Ciné Cinéfil, 11h25.

Par Louis SKORECKI — 20 décembre 1996 à 02:47

Richard Thorpe a plus de cent films à son actif, les meilleurs comme les pires. On connaît la passion que voue Patrick Bri-on, le programmateur cinéma de France 3, à ce cinéaste auquel il a plusieurs fois rendu hommage. Né en 1896, Thorpe n'a pas cessé de tourner entre 1924 et 1967, débutant par des westerns pour des petites compagnies avant d'être engagé par la MGM en 1935. Si ses adaptations de Tarzan ne sont pas géniales, il signe en 1937 un film superbe et qui n'a pas vieilli, Night Must Fall. Mais à part The Black Hand, tout le monde s'accorde à reconnaître que Thorpe n'est jamais autant à son aise que dans l'aventure et la reconstitution historique. Il adapte avec fougue et pittoresque deux romans de Walter Scott, Ivanhoé (1952) et Quentin Durward (1955), sans oublier l'exotisme musclé du Prisonnier de Zenda en 1952.

Quand Thorpe tourne le Rock du bagne (Jailhouse Rock) en 1957, Elvis Presley n'est pas encore le crooner obèse qui s'exhibe dans des films sirupeux. C'est alors un merveilleux chanteur de rock, célèbre pour ses allures de fauve et sa voix, qui peut passer du velours à la rage en un instant. Même si son rôle de chanteur ne lui demande pas des prouesses, c'est en acteur tout à fait convaincant qu'il incarne le jeune Vince Everett, bagarreur solitaire qui finit en prison après avoir tué un homme dans une bagarre. Son compagnon de cellule est Hank Houghton (Mickey Shaughnessy), un chan- teur de country qui lui apprend la guitare.

On se doute qu'il connaîtra l'amour et la gloire mais le plus important, ici, est la beauté immaculée des six chansons qu'il interprète, à commencer par You're So Young And Beautiful, une ballade a capella qu'il chante dans sa cellule. Suivront le rageur I Wanna Be Free, le swinguant Don't Leave Me Now, le très musclé Treat Me Nice, Jailhouse Rock avec sa chorégraphie minimaliste de bagnards chantants, et le furieux Baby I Don't Care. De quoi faire de ce film le meilleur Presley.

Louis SKORECKI

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