quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Les Feux de la rampe. Ciné Cinéfil. 18h10.

Par Louis SKORECKI — 14 novembre 1996 à 01:36

Cinq ans après l'ironique Monsieur Verdoux, Chaplin signe cette très belle histoire d'amour entre un clown vieillissant et une jeune danseuse. C'est la musique qui le rendra célèbre, en particulier la chanson qu'on en tira, Deux Petits Chaussons de satin blanc. On ne soulignera jamais assez le talent singulier de Chaplin musicien, grand créateur de mélodies lyriques qui ont résisté à l'usure du temps.

L'histoire des Feux de la rampe (Limelight) commence un soir d'été 1914 à Londres. Dans un seul mouvement de caméra ample et virtuose, on passe de la rue à un appartement où repose le corps inanimé d'une jeune fille. A cette émotion sèche succède le rire embarrassé: un vieil homme aux cheveux blancs qui titube pour rentrer chez lui et dans lequel on reconnaît les gestes approximatifs de celui qui fut Charlot. L'ivrogne sauve la jeune fille du suicide, l'emporte chez lui et se retrouve avec une locataire sur les bras. C'est Claire Bloom qui joue ce personnage de Terry, la danseuse qui a voulu mourir parce qu'elle ne pouvait plus danser.

On est d'emblée dans un climat sentimental que vient brouiller un sens évident du malaise. Le vieil homme s'endort sur un canapé, on s'approche d'une affiche au mur, le voilà qui rêve: le clown Calvero se rappelle de sa jeunesse, quand il mimait et chantait le dressage de puces. Chaplin se souvient sans nostalgie de ses débuts de comique dans les music-halls anglais avec ce personnage à l'accent cockney des faubourgs, clochard mal rasé qui annonce déjà Charlot. Une puce vient lui gratter le derrière et on se rappelle de tous ces films où le petit vagabond fait remuer des choses dans son pantalon.

Calvero se réveille de son cauchemar dans une salle vide. Il oublie sa peur de l'échec en soignant la danseuse. Plus tard, quand ses jambes la lâcheront, il la gifle violemment. On est sans cesse surpris par ce couple touchant et mal assorti auquel la vie ne laissera que quelques instants de bonheur.

Louis SKORECKI

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