quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Les habitants. Canal +, 22h15, film. Harley Davidson et l'homme aux santiags M6, 20h45, film. Bab el-Oued City. Arte, 20h45, film. Perroquet des Batignolles France-Inter, 14h45, feuilleton.

Par Anne BOULAY , Clarisse CHASSIGNEUX et Louis SKORECKI — 17 février 1997 à 17:29

Les habitants

Canal +, 22h15, film. Alex van Warmerdam vient de rencontrer un succès pointu auprès des cinéphiles français avec la Robe, toujours à l'affiche. En 1992, il avait déjà trouvé son public avec ce magnifique les Habitants, mélange déconcertant de Keaton et de Tati à la sauce hollandaise. Venu de la peinture et du théâtre, Warmerdam sait injecter du graphisme dans ses plans tirés au couteau. Il raconte ici la triste trajectoire de quelques habitants d'un lotissement inachevé du début des années 60. Pendant que le facteur (joué par le cinéaste lui-même) s'amuse à décacheter les lettres, apprenant ainsi que le garde-chasse est stérile, le boucher convoite son épouse qui se refuse à lui tandis que leur fils, peinturluré de brou de noix, se fait appeler Lumumba. D'un érotisme sec, ce mélodrame délirant prend parfois des allures d'Edward Hopper filmé. Avant que la fable ne vire au délire, on aura assisté au désastre quotidien de ces existences triviales, scénographiées en beaux plans larges et raides, de véritables vignettes qui savent passer, sans qu'on n'y prenne garde, de l'objectif absolu au subjectif furtif.

Harley Davidson et l'homme aux santiags

M6, 20h45, film. Ce film de l'assez peu connu Simon Wincer met aux prises deux acteurs américains actuellement en phase pathétique mais qui connurent leur heure de gloire. D'un côté Mickey Rourke, dans le rôle de Harley Davidson, personnage qui roule à moto et dont le QI est à peu près égal à celui d'une calandre, et de l'autre Don Johnson, qui incarne un certain Marlboro, ci-devant cow-boy (d'où les santiags), aussi ardent qu'une cigarette éteinte. Sauf à vouloir à tout prix éditorialiser sur «cinéma et lobotomie», il paraît difficile de se passionner pour cette poussive déclinaison d'icônes publicitaires.

Bab el-Oued City

Arte, 20h45, film. Première fiction consacrée à l'islamisme en Algérie, ce cinquième long-métrage de Merzak Allouache a été tourné presque clandestinement à Alger en 1993. Mais en hésitant entre fiction et documentaire, le réalisateur transforme ce qui ressemble, dans les meilleurs moments, à un couscous-western islamique, en éditorial mis en images.

Perroquet des Batignolles

France-Inter, 14h45, feuilleton. Lancé en fanfare il y a deux semaines, ce Perroquet écrit par Tardi et Boujut en est à son dixième épisode. Un perroquet ou plutôt un canard qui chante l'Entrecôte, puisque l'intrigue repose sur les meurtres et agressions dont sont victimes les propriétaires de boîtes à musique en forme de canard dans lesquelles sont cachées des bandes magnétiques. Oscar Moulinet, sorte de lointain cousin du Poulpe qui ne combattrait pas le système, mène l'enquête. Un feuilleton délicieusement tiré par les cheveux comme un roman de gare.

Anne BOULAY , Clarisse CHASSIGNEUX , Louis SKORECKI

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