quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Louis-René des Forêts. F3, 23h15, Un siècle d'écrivains. La marche du siècle. F3, 20h50, magazine. Le Cri du silence. M6, 20h45, téléfilm. L'Orange de Noël Festival, 18h30, téléfilm.

Par Isabelle POTEL et Louis SKORECKI — 19 mars 1997 à 23:03

Louis-René des Forêts

F3, 23h15, Un siècle d'écrivains. Pas question pour l'auteur des Mendiants, écrivain fidèle à sa discrétion légendaire, de se laisser interviewer. Hormis la lecture d'un extrait d'Ostinato (qui vient de sortir en librairie), il se tait lorsqu'il est à l'image et ne parle que lorsqu'il n'y est plus, et si peu. S'il ne nous «expliquera rien du tout», il semble veiller en silence sur ce docu d'une sobriété respectueuse (jusqu'à l'absence presque totale de repère biographique). Joués par Charles Berling, des extraits du Bavard, son roman le plus connu, considéré comme une anticipation du nouveau roman, transmettent fugitivement la singularité d'une littérature «se prenant elle-même pour sujet».

La marche du siècle

F3, 20h50, magazine. «Faut-il craindre le pouvoir des psys?»: de quel pouvoir disposent-ils, les pauvres, qui les rendraient menaçants? Ceux qui ont tâté du divan ne peuvent se prévaloir que d'expériences singulières, ceux qui ne veulent pas en entendre parler les traitent de curés (en ce cas, il faut au moins reconnaître que le bordel qui règne dans leur église rend leur prosélytisme assez inoffensif). Pour le reste, il y en a des bons et des mauvais, au même titre que les dentistes ou les coiffeurs (ces derniers font plus qu'on ne croit pour l'acceptation de soi-même). Si le danger de la psychanalyse (et de tous ses dérivés psychologisants) existe, c'est plutôt dans la capacité du «système» à la récupérer, soit pour s'en moquer (meilleure façon d'affaiblir son éventuel potentiel subversif), soit pour lui confier le service après-vente en la chargeant de fabriquer à peu de frais des individus aptes à «fonctionner» correctement (s'assumer, produire, se reproduire et s'en contenter). Parmi les invités, histoire de pas trop rebuter le chaland: Catherine Deneuve, qui a eu la bonne idée de faire la psy au cinéma pour Raoul Ruiz.

Le Cri du silence

M6, 20h45, téléfilm. La petite M6 sait recycler avec talent ses nouvelles histoires astucieusement filmées par de bons cinéastes débutants. C'est ainsi que Jacques Malaterre, excellent documentariste dont Cri du silence est la première fiction, débarque ce soir. Bonne mise en scène et astucieux script qui, pour une fois, ose critiquer ses «jeunes» héros paumés, sans tomber dans le piège du second degré que le journal Actuel sut, en son temps, judicieusement dénoncer (où est donc aujourd'hui l'art perdu de la dénonciation, cher aux situs, aux anars et aux surréalistes survivants?). Ici, on parle d'aphasie, de fugueur, de femme flic pour une fois intelligente. Produit par Jean-Claude Patrice (producteur de quelques ringards sublimes, Boisset, Gobbi, Astruc, et de certains Arabes méconnus), le Cri du silence, derrière la ringardise assumée de son titre, brasse joliment plusieurs histoires simultanées.

L'Orange de Noël

Festival, 18h30, téléfilm. Ce téléfilm de Jean-Louis Lorenzi représente assez bien le haut du panier de la production télévisuelle. L'histoire de cette jeune institutrice (Sophie Aubry) qui débarque en 1913 en pleine cambrousse pour tenter d'enseigner un peu de laïcité à une bande de paysans teigneux tenus en laisse par un curé qui a raté l'épisode de la séparation de l'Eglise et de l'Etat, est racontée et filmée avec soin. Mais il y a toujours ce côté emprunté et convenu qui semble étouffer toute inspiration, sorte de télé «qualité française» qui finit par raser.

Isabelle POTEL , Louis SKORECKI

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