quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Salman Rushdie. F2, 0h35, Cercle de minuit. La mort d'un prophète. Arte, 20h45, documentaire. Aventures Caraïbes. M6, 20h45, téléfilm. Nuit Duvivier. Ciné Cinéfil, 20h30.

Par Antoine de GAUDEMAR , Isabelle POTEL et Louis SKORECKI — 19 février 1997 à 17:21

Salman Rushdie

F2, 0h35, Cercle de minuit. Pour le huitième «anniversaire» de la fatwa lancée contre lui par Khomeiny, l'auteur des Versets sataniques est ce soir l'unique invité de Laure Adler. L'écrivain britannique évoque une nouvelle fois sa condition de «prisonnier sans frontières», tout en réaffirmant ce qui constitue selon lui une «double victoire»: le fait qu'il soit vivant et qu'il écrive encore. Si l'on sent son amertume devant l'attitude européenne à son égard et son inquiétude devant le monde comme il va, Rushdie retrouve son humour pour évoquer sa connaissance intime des services secrets britanniques, son admiration pour Satiajyt Ray ou le souvenir d'un concert de Françoise Hardy. La valeur essentielle à défendre en cette fin de siècle selon lui?«Le droit de ne pas être d'accord».

La mort d'un prophète

Arte, 20h45, documentaire. Haïti a pour ministre de la Culture un cinéaste qui s'est confronté en artiste aux images et à leur poids de mémoire. En 1991, Raoul Peck racontait le martyre de Fabrice Lumumba, qui conduisit le Congo à l'indépendance en 1960 avant d'être évincé par Mobutu (soutenu par l'ex-colonisateur belge et par l'ONU) puis assassiné. Ayant vécu enfant dans l'ex-Congo belge, Peck est hanté par le destin tragique d'un juste dont l'intégrité dérangeait trop d'intérêts. Entre passé et présent, il invente le documentaire-mélopée: chaque image est une étape où s'arrêter, une évocation et un regret d'où naissent les mots. On n'oubliera plus où se trouve le Katanga (province qui fit sécession sous la férule de Moïse Tschombé, à qui Mobutu livra Lumumba), ni que l'uranium de ses sous-sols fut utilisé pour la bombe d'Hiroshima.

Aventures Caraïbes

M6, 20h45, téléfilm. Revoilà la Vanessa en Demouy-pension sous les tropiques, avec son agent secret chéri au regard blue lagoon qui n'a pas encore compris qu'il vient de marier une râleuse de première. Les dialoguistes ont abusé du daiquiri («Jacuzzi en cas de frictions ou frictions dans le jacuzzi?»; «Y'a Joseph Staline qui me bave dessus»?!) et les scénaristes, dépités de ne pas arriver au petit doigt de pied de Mission impossible en dépit de moult ordinateurs et autres disquettes, pédalent dans une histoire d'espionnage pharmaceutique en pleine jungle. Les mouvements d'appareil, qui ont dû coûté bonbon, s'égarent dans un néant abyssal Nuit Duvivier Ciné Cinéfil, 20h30. Avec un retard imputable aux attaques de la nouvelle vague contre le cinéma français «de qualité», on redécouvre les charmes acides de l'oeuvre de Julien Duvivier. On revoit ce soir avec plaisir Pépé le Moko (1936), fabuleuse virée dans la casbah d'Alger avec un Gabin affolant, une Mireille Balin lumineuse, un Lucas Gridoux étonnant dans la peau d'un flic arabe. Il n'en va pas de même du Travail d'un cinéaste, censé être le docu-clou de cette nuit Duvivier et qui, ne décollant pas d'anecdotes connues (sa dureté, son professionnalisme), ne cherche pas à savoir ce qui fait le génie de l'auteur de la Tête d'un homme. Seul le fils du cinéaste esquisse une hypothèse (les rapports impossibles de Duvivier avec son père) qui éclaire un peu la noirceur de l'oeuvre de celui qui tourna deux fois Poil de Carotte, histoire d'un gamin mal aimé. Juste avant minuit, Boulevard (1960), un film rare avec un étonnant Jean-Pierre Léaud.

Antoine de GAUDEMAR , Isabelle POTEL , Louis SKORECKI

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