quarta-feira, 2 de dezembro de 2015

Train de luxe. Ciné Cinéfil, 20h30.

Par Louis SKORECKI — 22 janvier 1997 à 15:38

Aucun film d'Howard Hawks ne saurait nous laisser indifférent. Cette comédie allègre, qui se passe presque entièrement dans un train de luxe, le «Twentieth Century», donne au film son titre original. Si ce n'est pas le sommet de l'oeuvre hawksienne, c'est quand même un petit bijou d'impertinence qui en fait, aujourd'hui, l'écho daté d'un monde où les conventions sociales savaient encore laisser place à la critique la plus acerbe. Lily Garland est, dans cette histoire d'amour bavarde, vacharde et speedée, une vedette de l'écran adulée. Découverte à Broadway quelques temps plus tôt par le célèbre et excentrique metteur en scène Oscar Jaffe, elle a quitté son amant-Pygmalion pour tenter sa chance à Hollywood. Elle y réussit bien mieux que lui et il va s'employer, pendant ce voyage en train fébrile, à la reconquérir.

Ce qui domine le film, c'est l'interprétation à la limite de l'hystérie de Carole Lombard, relancée à bout de souffle par les réparties à cent à l'heure de John Barrymore. La critique américaine s'enthousiasma à l'époque de sa sortie (1934) pour la première en date d'une série de comédies loufoques qu'on appela, outre Atlantique, des screwball comedies. Pourtant, ce film est loin d'avoir la patte hawksienne d'oeuvres plus anciennes comme Une femme dans chaque port (1928) avec la très androgyne Louise Brooks , ou même le Code criminel (1931). La célébrité de l'auteur de Rio Bravo (le film qui sonne le glas de l'ère «classique» en 1959) tient à trois choses: un filmage frontal hardi (ce qu'on a appelé plus tard filmer à hauteur d'homme), une manière de transformer le drame en comédie et vice versa (l'utilisation d'acteurs dramatiques ridiculisés, ici John Wayne, là Rock Hudson) et un mélange des sexes systématique. Train de luxe n'a réellement aucun de ces ingrédients hawksiens. C'est plutôt une dramatique radio filmée par un cinéaste qui tire plus vite que son ombre. A ce rythme là, il réussit quand même à emporter le morceau et à laisser le spectateur pantelant.

Louis SKORECKI

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