quinta-feira, 26 de novembro de 2009
terça-feira, 24 de novembro de 2009
segunda-feira, 23 de novembro de 2009
L'AMOUR N'EST PAS PLUS FORT QUE L'ARGENT
PAR LOUIS SKORECKI
Le cinéma allemand est comme ceinturé par une ligne de blockaus. Quelques-uns abritent des cinéastes, les autres sont vides car leurs habitants, croyant que la guerre était finie, sont partis faire du cinéma ailleurs. Fassbinder, avec quelques autres, est resté dans son blockaus. C'est de là qu'il nous envoie son dernier film, un hymne à l'amour fou sur fond de fascisme flamboyant, un film dérangeant qui est aussi, accessoirement, l'histoire d'une chanson, d'une guerre, et une parabole sur la lutte des classes. Est-il vraiment besoin d'ajouter que le blockaus de Fassbinder, c'est sur son dos qu'il le transporte. Comme un escargot. Quelqu'un qui a pris soin de ne pas laisser sa maison traîner n'importe où car elle contient tout: sa culture, ses souvenirs, son art, sa peur, sa paranoïa - tout.
L'escargot
Ce film n'avance pas, il a toujours l'air de faire du sur-place. L'histoire qu'il raconte - le fascisme envisagé comme décor, prétexte à une chanson - est trop incrédible, historiquement, pour ne pas laisser transparaître la seule préoccupation constante de Fassbinder: la non-évolution radicale des personnages. Un pas à gauche, un pas à droite, on fait mine de comprendre, on esquisse une parodie de prise de conscience - foutaises! La caméra se met à virevolter autour des protagonistes costumés d'un mauvais rêve, elle accentue le côté creux et conventionnel de ceux qui ne sont plus que des porteurs de vêtements, des déguisés définitifs. Le personnage de mélo est immobile, c'est celui qui le décrit, qui tourne autour de lui, qui bouge. Et celui qui le décrit est un écrivain, un artiste, un inventeur: qui crée, bien sûr, des Mme Bovary à son image, des Lili Marleen conformes: quand la pauvre chanteuse, indécise, troublée, idiote, ne sait plus répondre à son amant, juif et résistant, que « je suis de ton côté », ou « je ne fais que chanter, c'est tout », Fassbinder n'invente rien, et sourtout pas un personnage qui, rétroactivement, lutterait contre la barbarie nazie. Non. Il ne fait que refléter ce que lui, selon toutes probabilités, serait amené à proférer dans ces conditions-là: lentement et avec un air buté, décidé, Lili Marleen insiste: je ne suis que ce que je suis, et rien d'autre. Si elle s'engage dans une entreprise périlleuse - récupérer un film clandestin sur ce qui se passe dans un camp de concentration et le faire passer en zone libre - c'est dans un ultime effort d'identification avec son amant résistant, effort dérisoire, futile, et d'ailleurs complètement incrédible. Elle ne fait que suivre son instinct (et un ordre de Fassbinder, qui joue le chef des résistants, et qui lui dicte ses désirs). Ce film sur des morts, cette preuve que des gens meurent et vont mourir, ce n'est rien moins que la métaphore de ce qu'est tout film, et qu'on oublie de plus en plus, une chose figée, un cadavre. Autour de cette idée, de cette chose sans odeur, de cette preuve morte, Fassbinder se déplace imperceptiblement. Juste le temps de ne rien prouver.
L'amour
Le film est donc l'histoire d'une liaison: un homme et une femme s'aiment follement, elle est allemande, petite chanteuse de cabaret, il est quasiment allemand lui aussi - mais suisse, et juif, et bourgeois, et riche. Cela fait beaucoup de différences, beaucoup pour un seul homme. Beaucoup trop: assez pour que, conspiration familiale aidant, la liaison débouche sur une totale impossibilité harmonique, un hiatus social. Roman-photo alors? Dans un sens seulement: celui de la passion impossible, de l'amour qui tourne court et de la toile de fond qui est une prolongation onirique du réel, un bricolage à partir des signes les plus flagrants et colorés de l'histoire du nazisme. S'aimer sous les bombes, dans les décors verdâtres de mort et de ruine, c'était le pari mélodramatique des amants du Temps d'aimer et du temps de mourir, un pari poétique qu'il était relativement facile à Sirk de remporter: l'amour meurt, le pays aussi, tout tourne au gris, à la fatalité, et les violons viennent quand il faut. Il en va autrement ici: le pays respire l'arrogance des vainqueurs, le fascisme triomphe, il s'agit de faire avec, de vivre. Ces deux là, qui s'aiment comme des fous, physiquement et sentimentalement, totalement (on a rarement filmé la passion avec autant de nudité et d'évidence, c'est comme ça, deux corps qui s'élancent l'un vers l'autre, qui se tendent, qui bandent, qui font l'amour), cet homme et cette femme ont aussi à exister, par ailleurs, et à choisir: lui, de faire sortir d'Allemagne des Juifs (et leur fortune), elle, de chanter (et d'accepter le succès quand il vient). La famille juive est fermée, hautaine, un clan d'arrogance bourgeoise. Lili Marleen est inconsciente, elle flotte sur une transparence, elle prête son corps à la propagande. Personne n'est épargné: durs décors de la petitesse sous toutes ses formes, que ne vient éclairer que ce seul amour, démesuré. Et la chanson.
La chanson
Orchestrée somptueusement par Peer Raben, cette version détournée de Lili Marleen, émouvante et étrange, revisite le passé de l'Allemagne. Et sert à n'importe qui: les hauts-dignitaires nazis, les soldats perdus dans leurs tranchées, les défaitistes, les anti-fascistes, l'Étranger. Une femme se prête au Pouvoir, une chanson traîne, triste. Est-ce les paroles ou la musique qui comptent le plus? De quel bord est l'émotion? D'aucun peut-être: l'émotion excède la politique, elle appartient à celui qui l'éprouve - juste le temps de l'éprouver, pas plus. Ce film est donc l'histoire d'une émotion-relais: le plus petit commun dénominateur entre le plus grand nombre d'hommes, ce qui, à un moment ou à un autre de leurs vies, les a unis. Tous pareils et démunis devant cette même émotion, bête. Et les contradictions qui demeurent, lisibles, repérables. Faites votre choix!
La guerre
Comment témoigne-t-on de la mort des hommes quarante ans après? A partir d'une trame fictionnelle relativement identique (un artiste juif, sa femme allemande, toute la famille), le feuilleton Holocauste avait choisi de fictionnaliser la souffrance: très viollement pris à parti, émus, des spectateurs ont vécu quelque chose comme la mort d'une famille, la mort en famille. Et puis? Ne reste-t-il pas, aujourd'hui, que cette idée monstrueuse: l'holocauste des Juifs est une fiction? Apprendre la vérité par le biais de la fiction, n'est-ce pas fictionner, rêver - et, à la longue, douter? Fassbinder ne permet aucune de ces aberrations: on n'apprend rien avec ce film qui mélange tout, qui dérange chaque chose - le passé lui-même, mal daté, peu repérable, se mélange constamment à une sorte de présent d'opérette, un présent en représentation. Personne n'aura ici de preuve, fictionnelle ou historique, de l'horreur de l'holocauste: chacun est renvoyé à ses doutes, son malaise, ses trous de mémoire. La guerre reste vive, la blessure ouverte - et on ne s'en débarassera pas à si bon compte, pas avec un film, pas avec le toc d'un film en tout cas. Ce qui reste de Brecht c'est: refuser d'embarquer le spectateur dans une morale toute prête, une conclusion. Pas moyen de faire l'économie de la perplexité: chaque spectateur, manipulé, mis en scène, doit accepter d'être en guerre avec lui-même, partagé entre l'émotion et la réflexion, libre. Libre de dire « oui », « non », « peut-être ». Pas commode d'accepter cette liberté-là: juger les personnages, leurs actes, se regarder le faire, juger le cinéaste et sa paranoïa. Paranoïa de vie bien sûr, très loin des effets de « cinéma », du plan considéré comme le début et la fin de tout, prétexte à tous les « off ». Loin de l'esthétisme, de la cinéphilie, et même du kitsch. Il n'y a rien de cela dans Lili Marleen: rien que du présent de souffrance, philosophique, théâtrale, poétique. Une bousculade des genres, une guerre des sens et l'idée, très forte, qu'au dehors, quand on sortira du cinéma, ce sera pareil. On aura, le temps d'un film, perdu une guerre: on n'aura pas rêvé. Pas vraiment.
La lutte des classes
On ne veut pas de la petite chanteuse dans la riche famille juive, et elle perdra son homme, comme dans toute chanson triste qui se respecte (et qui dit une vérité sociale). On ne veut pas d'effets de télévision au cinéma, ce sont des effets étrangers: qu'ils restent dans leur camp! Fassbinder casse cette règle, il métisse le cinéma avec la télévision, invente un bâtard. Le cinéma bien sûr y gagne: la caméra fonce sur un visage pour casser une séquence, hâchurer un sentiment; des personnages se croisent furtivement, échangeant quelque chose, on est dans une feuilleton d'espionnage; de la sueur perle sur le corps cadré de près de l'amant juif, des plans très froids le montrent faisant l'amour avec Lili Marleen, quelques instants après on a replongé dans l'invraisemblable de la série, on file dans le style heurté de la télé. Qu'on se rassure: le jouet-Cinéma ne se casse pas si facilement, il supporte le choc. Le bâtard est beau, il a des couleurs vives.
Speed 1
Un cinéaste accepte de casser une séquence, de se servir du montage comme ponctuation visible, comme arme: la chose est assez rare pour ne pas passer inaperçue. Plus: pour choquer. D'autant que ces effets de montage sont souvent des effets de répétition, destinés à figer la fiction et les personnages dans un éternel présent, un sur-place nerveux et angoissé: ainsi ces plans de guerre, ces stock-shots de soldats, toujours les mêmes, qui reviennent et rythment de manière répétitive et la chanson que les hommes en guerre écoutent et le film que le spectateur suit. Mais qui écoute qui, qui suit quoi? La chanson, elle aussi, poursuit les soldats allemands, et le film nous file, nous surveille. Fixité totale, propice à tous les delires: les sentiments n'évoluent pas, les personnages sont immobiles, les spectateurs aussi - et la chanson se répète à l'infini. Répétition douloureuse: il y a une très grande vitesse, une frénésie de vie, dans ce ressassement perpétuel du présent. Des sursauts: Hanna Schygulla joue autant avec son ventre qu'avec ses yeux, elle a des palpitations, s'essouffle, respire à partir de l'intérieur d'elle-même pour faire jouer contre le tissu de satin son ventre qui palpite. Des courses contre la répétition obsessionnelle: Giancarlo Giannini, enfermé dans une cellule couverte des portraits de Lili Marleen, contraint pour avouer son identité à réécouter sans cesse le disque de la chanson, un disque rayé qui saute à chaque fois au même endroit, répétant le même dérapage, atroce. L'horreur: sortir à tout prix de cet espace, trouver une issue. Un plan plus large où bouger plus librement. Donner libre cours à son énergie (dérision: la scène du disque rayé est jouée comme une parodie - la souffrance n'est qu'un feuilleton).
Speed 2
Godard: « ralentir, décomposer, on va trop vite ». Tout le cinéma moderne tourne autour de la vitesse: accélérations brutales de Cassavetes, ralentissements imperceptibles de Scorsese, sur-place speedé de Fassbinder (et la musique, omniprésente chez tous, qui accompagne les trajets - presque un nouveau personnage). Godard et Scorsese, occupés par le plan comme unité, cherchent avant tout à pointer quelque chose, fixer une émotion, un instant. Cassavetes et Fassbinder, peut-être parce que ce sont aussi des acteurs, des gens qui risquent à proprement parler leur peau dans des films, tentent plutôt de reculer les limites de l'espace à l'intérieur d'une séquence, d'inventer des agglomérats de plans. Ils foncent, détruisent, construisent. Ils sont obligés, pour y loger leur corps d'acteur en même temps que leur obsession d'un cinéma vivant, de trouver autre chose. Ils inventent des hybrides. Que ceux-ci fonctionnent est aléatoire - l'important n'est pas le film en tant qu'aboutissement, c'est l'expérience filmique dans sa totalité qui compte (on retrouve sans doute ici une part du cinéma primitif, originel). Quand l'objet-film est réussi, il ne ressemble souvent à rien: il émerveille, et il plonge en même temps dans la perplexité. L'objet Lili Marleen est de ceux-là.
Louis Skorecki
Cahiers du Cinéma n° 322, abril 1981, pp. 10-14
domingo, 22 de novembro de 2009
http://mister-arkadin.over-blog.fr/article-29353352.html
Listas de melhores filmes de todos os tempos recolhidas entre alguns críticos, cinéfilos e connoisseurs. Leitura recomendada. Aqui alguns nomes célebres e inevitáveis:
Alexandre Astruc (cinéaste et écrivain)
Le Pauvre amour (Griffith)
Les Contes de la lune vague après la pluie
L'Aurore
Tabou
Vertigo
Seuls les anges ont des ailes
Le Fleuve
Païsa
Le Mécano de la Générale
Les Nus et les morts
Le Plaisir
Les Damnés + inglês
Métropolis
L'Invraisemblable vérité
Les Dames du bois de Boulogne
Ivan le terrible (2ème partie)
Miracle en Alabama
Vampyr
Voyage en Italie
La Règle du jeu
Rio Bravo
Macbeth
Alfred Eibel (critique et historien du cinéma)
L'Auberge du printemps (King Hu)
Mirage de la vie (Douglas Sirk)
Laura (Otto Preminger)
Le Convoi des braves (John Ford)
Eve (Joseph L. Mankiewicz)
Classes tous risques (Claude Sautet)
La Cinquième victime (Fritz Lang)
Le Voyage en Italie (Roberto Rosselini)
Le Maître des postes (Gustav Ucicky)
Andrei Roublev (1 2 3)
Le Troisième homme
Marie Stuart (Carl Froelich)
Bob le flambeur
Les Aventures fantastiques du baron de Münchhausen (Joseph Baky)
Quatre étranges cavaliers (Allan Dwan)
La Règle du jeu
Casanova, un adolescent à Venise (Luigi Comencini)
L'Extravagant Mr. Ruggles (Leo McCarey)
Maigret tend un piège (Jean Delannoy)
Une femme disparaît
Madame du Barry (Ernst Lubitsch)
City Girl (F.W.Murnau)
L'Ennemi public (Don Siegel)
Les Enfants de la crise (William A. Wellman)
Le Malin (John Huston)
Sang viennois (Willy Forst)
L'Esclave libre (Raoul Walsh)
Lawrence d'Arabie (1 2)
Meurtre à l'italienne (Pietro Germi)
Alain Ferrari (« mes vingt meilleurs films (par ordre chronologique); un certain équilibre entre les films qui m'ont marqué dans ma vie personnelle et ceux qui ont touché en moi l'amoureux de cinéma »)
1. L'Aurore (F.W. Murnau)
2. Ceux de la zone (Frank Borzage)
3. Furie (Fritz Lang)
4. Remorques
5. Les Raisins de la colère
6. L'Etrange incident (William Wellman)
7. Le Suspect (Robert Siodmak)
8. Jericho (Henri Calef)
9. Monsieur Verdoux
10. Le Fleuve (Jean Renoir)
11. Le Plaisir (Max Ophüls)
12. La Comtesse aux pieds nus
13. Le Bandit (Naked Dawn) (E.G.Ulmer)
14. Nuit et brouillard
15. La Fureur de vivre
16. Un condamné à mort s'est échappé
17. La Rue de la honte
18. Vertigo
19. Rocco et ses frères
20. America! America!
Philippe d'Hugues (critique et historien du cinéma ; patron du "Libre journal du cinéma, sur Radio Courtoisie)
Tabou
Le soleil brille pour tout le monde
Journal d'un curé de campagne
Onze Fioretti de François d'Assise (Rossellini)
Alexandre Nevsky
Les Enfants du paradis
Le Fleuve
Les Vacances de M. Hulot
Ma nuit chez Maud
L'Atalante
Sarabande (Ingmar Bergman)
Charulata (Satiajit Ray)
Dernier caprice (Ozu)
Dernières vacances (Leenhardt)
Le Fleuve sauvage (Elia Kazan)
La Dolce Vita (Federico Fellini)
La Nuit (Antonioni)
Les Amants du Capricorne (1 2) (Alfred Hitchcock)
Leibelei (Max Ophuls)
L'Insoumise (William Wyler)
Michel Marmin (journaliste, musicologue et critique de cinéma)
(dans le désordre)
La Jeune Fille au carton à chapeau (Boris Barnet)
Ivan le Terrible (1 2) (S.M. Eisenstein)
Les Espions (Fritz Lang)
Hitler, un film d'Allemagne (1 2 3 4) (Hans Jürgen Syberberg)
Les Fraises sauvages (Ingmar Bergman)
Les Vampires (Louis Feuillade) (1 2 3 4a 4b 5 6 7a 7b 8 9a 9b 10a 10b)
L'Argent (Marcel L'Herbier)
Le Crime de M. Lange (Jean Renoir)
Lola Montès (Max Ophuls)
Week-end (Jean-Luc Godard)
Viridiana (Luis Buñuel)
Le Fanfaron (Dino Risi)
Païsa (Roberto Rossellini)
Deux rouquines dans la bagarre (Allan Dwan)
Le Lys brisé (D.W. Griffith)
L'Aurore (W.F. Murnau)
Steamboat Round the Bend (John Ford)
Le Goût du saké (Yasujiro Ozu)
L'Impératrice Yang Kwei-fei (Kenji Mizoguchi)
Frankenstein et le monstre de l'enfer (Terence Fischer)
Michel Mourlet (ancien critique de cinéma; écrivain, éditeur et patron d'une émission sur Radio Courtoisie; « Je tiens cependant à souligner l'arbitraire de ce type de liste, que je pourrais remplacer par quinze autres films qui me tiennent tout autant à cœur », MM)
Temps sans pitié de Joseph Losey
Sainte Jeanne d'Otto Preminger
La Fille du désert de Raoul Walsh
Le Tigre du Bengale et le Tombeau hindou de Fritz Lang
Les Contes de la lune vague
Les Cent Cavaliers de Vittorio Cottafavi
Madame Bovary de Jean Renoir
Le Capitaine Fracasse d'Abel Gance
Voyage en Italie de Roberto Rossellini
Parfum de femme de Dino Risi
Samson et Dalila de Cecil B. DeMille
Au-delà de la gloire (The Big Red One) (1 2) de Samuel Fuller
La Vie et rien d'autre de Bertrand Tavernier
Quatre étranges cavaliers d'Allan Dwan
Jivaro d'Edward Ludwig
Paul Vecchiali (cinéaste)
Films étrangers:
L'Intendant Sansho de Mizoguchi Kenji
Seven Women de John Ford
Haute Pègre de Ernst Lubitsch
Fiancées en Folie de Buster Keaton
Shangai Gesture de Joseph von Sternberg
Victor Victoria de Blake Edwards
An Affair to remember de Léo Mac Carey
Voyages avec ma tante de George Cukor
Avanti (1 2) de Billy Wilder
L'Aventure de Madame Muir de Joseph Mankiewicz
Films français:
Madame de... de Max Ophuls
Remorques de Jean Grémillon
Pickpocket de Robert Bressson
Le Mépris de Jean-Luc Godard
La Tête d'un Homme de Julien Duvivier
Mayerling d'Anatole Litvak
Occupe-toi d'Amélie de Claude Autant-Lara
L'Atalante de Jean Vigo
Les Yeux Noirs de Victor Tourjansky
Quai des Brumes de Marcel Carné
Queria escrever algo sobre os filmes do Eugène Green, os quais acabei de rever, quando me lembrei do texto lapidar do Marc Bernard, que evoca com muito mais justeza do que eu seria capaz a tristeza manifesta nos olhares de Natacha Régnier e Christelle Prot e a beleza do milagre ao final de Le monde vivant e da aparição ao final de Le Pont des Arts.
NOTE SUR THE LAWLESS
Se The Lawless é o mais belo dos filmes é porque não há outro que nos advirta de um sentimento mais justo da natureza.
Não há, para a mão que desenha, e para o cineasta que olha, outra razão que a de precisar a ordem e a beleza natural das coisas.
Assim, a beleza deve ser radiante. (Vitória! exclamei cheio de admiração.) O fervor que me toma a cada visão de The Lawless é como o sentimento de uma respiração mais confortável, a segurança de um sangue mais puro.
Era como a própria primavera!
A beleza da mise en scène é o desenho mais nítido possível da beleza do modelo. (Sucede que nos outros filmes permaneça apenas a nitidez do desenho enquanto o que nos é mostrado é feio ou falso: é o caso de O Tigre de Bengala, de Fritz Lang.)
Como o amor, a beleza só pode nascer da admiração. Pensando na temeridade de seu discurso, a mente encontra sua força no entusiasmo.
Não existe outro tema que a aquiescência à felicidade. O brio de The Lawless, o calor e a impaciência de sua mise en scène são a graça reservada a essa concretização. Esse tom é o da juventude, irresistível portanto, semelhante ao ardor de um mergulho matinal.
Uma tal felicidade exige as cores e a luz mais francas. A vibração do ar, a clareza da decupagem darão um brilho encantador às formas de um corpo livre e vivaz. Exemplo: uma árvore é uma árvore, uma garota é uma garota, a garota sobe na árvore (e machuca o joelho).
O intento de The Lawless é o mais grave, pois trata de estabelecer as relações mais nobres possíveis entre um homem e uma jovem mulher, e se o filme consagra alguns capítulos à violência, ele nos proporciona sobretudo o prazer, a arte de viver e a cortesia.
Marc BERNARD
Cahiers du Cinéma n° 111, setembro 1960, pp. 33
sexta-feira, 20 de novembro de 2009
quinta-feira, 19 de novembro de 2009
En un sens, l'oeuvre de Godard n'aura été qu'une obstinée démonstration de cette plainte: je ne sais plus faire de la mise en scène. L'oeuvre de Fassbinder n'aura été que cette ironie: j'en fais autant que je veux et quand je veux - mais je ne veux plus, ou alors, pour en faire trop. Et l'oeuvre de Cassavetes aurait consisté à tellement concentrer la mise en scène entre les mains d'un auteur à tout faire - du scénario à la caméra et au montage - qu'elle n'aurait plus de pouvoir propre.
sábado, 14 de novembro de 2009
terça-feira, 10 de novembro de 2009
CINQ POINTS DE RUPTURE
« Puisqu'elle est trangressive, toute aberration doit être tenue, à l'inverse, comme émergence possible d'un autre système » (Ricardou - « L'Or du Scarabée »).
« The Shooting », « L'Ouragan de la vengeance » dérivent d'un genre, le Western, ensemble de formes rythmiques codées promotrices d'une efficacité qui parle, tout en la refoulant, l'artificialité d'un mythe, dès lors vraisemblable, « naturel ». Ce code est régisseur de distributions constantes, entérinées par une longue complicité du tandem spectateur-créateur: le couple manichéiste Bien-Mal réparti selon les règles du jeu capitaliste.
C'est cette statique qui est remise en cause par Monte Hellman, donc l'idéologie qu'elle sous-tend consciemment ou non. Il n'est sans doute ni le premier ni le seul à procéder ainsi. Quoiqu'il en soit, cette crise, sinon l'annonce d'une véritable mutation, est en tout cas le symptôme d'une rupture.
Ce retournement n'est en rien un quelconque pastiche de genre (Mekas, ou « Spaghetti western ») qui, tout en l'inversant, participe du système qu'il distancie. Le changement d'axes opéré ici est lié au contraire à un changement d'écriture radical, qui touche en premier lieu aux fonctions de la durée. La notion de « réalisme » n'en est pas pour autant intentionnellement mise en cause (continuité - homogénéité apparente du temps; continuité des personnages par leurs motivations). Elle semble plutôt rectifiée; réimposée souverainement, purifiée des techniques instituant le western standard.
1) Le temps. Forcené. Bloc sans failles, lisse et continu. Lenteur accumulée jusqu'à l'éblouissement. Ni à-coups dramatiques, ni ruptures de tempo, ni répartition des plans en vue d'une efficience.
A l'opposé, cette persistance fascinée paraît se reproduire sans intervention d'aucune sorte, absolument seule à partir d'un centre incertain qui la diffuse et fait surgir en creux l'élan, obstiné comme elle, des motifs sur l'image. Après un quart d'heure, vingt minutes, de projection, l'espace devenu secondaire, perd de sa matérialité, de sa définition. L'image étant désormais moins une configuration déterminée que le lieu de cette force, là, sous elle, qui l'aligne. Le film, miné par cette pulsion « quelque part en dessous », par cet immense silence progressivement tendu, substitué à sa composition, perd toute stabilité et verse très vite, pour peu qu'on s'y laisse emporter, dans l'hallucinatoire.
Frustré de la stupéfaction calculée du western traditionnel, le lecteur reste libre, même déçu, irrité par ce temps qui casse le discours convenu. Il vit désormais une durée analogue à celle, lancinante, de son pouls, passivement éprouvée. Ainsi deux effets:
Le « réalisme » des deux films, après sublimation des procédés de tradition, échappe à toute pertinence. Le temps filmique, par excès de statisme, finit par indiquer son existence propre, et jusqu'à l'asphyxie.
Mais surtout ce langage neuf fait ressortir, par différence, la syntaxe institutionnelle du western et par contrecoup, parce que c'est la même chose, du film hollywoodien. Le code de naguère se démasquant - sinon s'explicitant - lorsque ses thèmes sont décodés à travers une nouvelle grille.
2) Le lieu. De ce fait, inévitable, un type original de lieu, sans rapport avec les images du western d'Epinal. Une enceinte synthétique, d'indétermination croissante, non pas signalée comme réalité artificielle mais déjà considérée comme contour arbitraire.
Des montagnes, le soleil, une cahute, des pistes, tout cela sans dénomination (celles-ci, conservées lorsque absolument nécessaires au récit, prennent de par la pénurie de signes, une dimension quasi mythique). Lieux du Tout et du Rien, fondamentaux, et qui se refusent à toute perspective anecdotique. Centres de réception flous où le mythe révèle à la fois la rigueur de son armature et l'imprécision de ses données.
3) Personnages. Les personnages de « The Shooting », de « L'Ouragan de la vengeance » parcourent un tracé, suivent une direction, dont les pulsions ne sont jamais justifiées - formulées par des motivations, morales ou autres. Les personnages, ces figures d'ombre qu'ils dessinent, vont on ne sait où, viennent d'on ne sait où, s'arrêtent on ne sait pourquoi, un point c'est tout.
Ce qui est révélé ici, c'est moins le sens de leurs conduites que, là encore, la force, point central et vecteur, « abstraction sensible », forces diversifiées, combinées en jeux multiples (par exemple sexualité - entre Millie Perkins et les trois hommes dans « The Shooting »; ou fuite en avant perpétuelle dans le temps, incontrôlable, dans « L'Ouragan de la vengeance »). Forces en tout cas qui, contrairement à la « mise en scène » toujours productrice d'une symbolique de « caractères » (et l'on sait aujourd'hui à quel type de culture appartiennent ces dénominations), sont à lire dans leur litteralité stricte de mouvements. Blocs compacts et totalisants, centres à la fois vides et pleins, personnels et impersonnels des corps. Profondeur sourde, informulée (avant la formulation) établie textuellement et matériellement, sans « mystères », sur l'écran.
4) Lecture. Le western, traditionnellement, animait des figures de base (cow-boy, tueur à gages, sheriff) à la crédibilité fondée sur une personnalisation psychologique complémentaire (anecdote, antécédents sociaux, etc.), dispensée par le dialogue et la « mise en scène ». Personnalisation situant le personnage filmique nettement en dehors; à l'extérieur de la réalité du lecteur.
Hellman, au contraire, conserve les figures de base, sinon leurs définitions complémentaires, complaisamment estompées. Un dialogue énigmatique, vide de signes. Une gestuelle fonctionnelle sans « expressivité ». L'un comme l'autre laissant ouvertes les grandes structures qui, par contre-coup, changent les perspectives de la lecture. Aucune différence d'ordre biographique n'empêchant plus l'identification, le lecteur n'est ainsi plus maintenu à l'extérieur, il pénètre dans le film, le vit en même temps qu'il se vit, s'y incarne en échos à la fois proches et lointains, familiers mais toutefois dissemblables, opaques et, cependant, clairs.
5) Le tout. Alors que, dès qu'il se parle selon une caractérisation individualisante et typique, le personnage capte la totalité de l'attention sur l'écran, en s'imposant comme plan unique et « normal » de lecture, il suffit au contraire que toute énonciation psychologique lui soit refusée pour qu'il revienne au niveau du « reste » - accessoires, paysages - et dépasse en la brisant définitivement cette stratégie perceptive alors révélée comme telle. Ainsi en est-il dans les deux films de Monte Hellman où l'acteur n'est plus qu'un poids, questionnant et mouvant en direction, une force parmi d'autres forces, à la fois spécifique et englobée.
Sébastien ROULET
Cahiers du Cinéma n° 205, outubro 1968, pp. 57-58
segunda-feira, 9 de novembro de 2009
Revendo Reazione a catena.
As passagens de foco (um foco líquido, que observa um grupo de charlatões que se assassinam uns aos outros, e o que chega a nós através dessa modulação minuciosa do foco é algo como a refração das ações deste grupo pela água da baía cuja posse disputam; foco que, ademais, permite à câmera serpear e deslizar por todos os ângulos - vulgares e invulgares - de um retrato obsceno da violência - humana e desumana) e os zooms que fundem os percursos humanos ao terreno pantanoso da "baía sangrenta" constituem uma das respostas mais perversas que o cinema já deu à assepsia dos sentimentos de vitrine, à profusão de filtros star e zooms achatadores do Claude Lelouch.
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- WORLD. CE CHANTEUR D'INDE DU NORD EXPLORE, EN LA M...
- L'Homme de la rue. Paris Première, 21 h.
- Le Trésor de Cantenac. Ciné Cinéfil, 18 h 55.
- Bad Lieutenant. Paris 1re, 22h25.
- Muriel ou le Temps d'un retour. 20h45, Arte.
- Pourquoi X-Files biaise avec le sexe. Dans l'unive...
- Alexandrie, pourquoi? France 2, 23 h 45.
- Les Cloches de Sainte-Marie. Paris Première, 21 h....
- Citizen Kane. Ciné Cinéfil, 20 h 30.
- Qu'est-ce que j'ai fait..? Paris Première, 22 h 25...
- La Comédie de Dieu
- CANAL JIMMY, DIMANCHE, 22h10, «New York Police Blu...
- Le premier «auteur» de télévision?
- Jean Painlevé. Ciné Cinéfil, 13 h 25. Sapho. Arte,...
- Yeelen. France 2, 23 h 55.
- La baguette. France Culture, 20 h 30, Lieux de mém...
- Le Criminel. Paris Première, 21h.
- AKERMAN À L'EST DE LA TRISTESSE.
- ARTE, 23h20. Akerman, autoportrait. Elle voit sa v...
- Salman Rushdie. F2, 0h35, Cercle de minuit. La mor...
- American Madness. Ciné Cinéfil, 19h 15.
- Arte, 21h45. Théma Jean Cocteau, un documentaire e...
- Lola. Paris Première, 22h15.
- La Malle de Singapour. Ciné Cinéfil, 17h40.
- Les habitants. Canal +, 22h15, film. Harley Davids...
- Le Crime de M. Lange. Ciné Cinéfil, 20 h 30.
- Maroc, corps et âmes. Planète, 23 h 15, docu. Post...
- Le Faux Coupable. Paris Première, 21h.
- Mina Tannenbaum. Ciné Cinéma, 22h25.
- FRANCE 2, 13h30. «Inspecteur Derrick», série polic...
- Oublie-moi. Ciné Cinémas, 20h30.
- The Killer. Canal+, 22h20.
- Les lois de la série
- «Culte ou pas, c'est le public qui décide».
- Une poste à La Courneuve. Planète,22h, docu. Travo...
- Comme un torrent. F2, 23h50.
- Falbalas. Ciné Cinéfil, 22h.
- Le Faucon maltais. Ciné Cinéfil, 22h05.
- La Rupture. Paris Première, 22 h 25.
- L'Important c'est d'aimer. 22.35, C+.
- Visite au Palais-Bourbon. TF1, 22 h 30, le Droit d...
- Les Combattants de l'ombre. Ciné Cinéfil, 18h40.
- FRANCE 2, 23H50. Ciné-club, «Mirage de la vie», fi...
- Le Mariage de Pocahontas. La 5e, 17h55, docu. A la...
- Bellissima. Paris 1ère, 23h30.
- Le Grand Sommeil. Ciné Cinéfil, 1h55.
- Etat second. Ciné Cinémas, 22h10.
- Hyènes. Arte, 22h15.
- ARTE, DIMANCHE, 20 h 45. Thema, avec notamment «le...
- La Thema «Frankie for ever».
- Le guide des 200 chaînes. Le 16/9e en attendant mi...
- La Fièvre dans le sang. France 2, 23 h 55.
- La Zizanie. F3, 20h50, film. 8e District. TF1, 20....
- La Splendeur des Amberson. Paris Première, 21h.
- Train de luxe. Ciné Cinéfil, 20h30.
- LA CINQUIEME, 7h45 et 17h20. «Alf», sitcom avec ET...
- Rhapsodie en août. Ciné Cinémas, 18h50.
- Le nettoyeur. France 3. 23h10.
- M6, 19h. «Code Quantum», série culte, western d'an...
- Le Mystère Picasso. Arte, 22h25.
- L'homme au bras d'or. Paris Première, 21h.
- La Femme à abattre. Ciné-Cinéfil, 13h10.
- La passion selon Zwoboda. Arte, 23h15, docu. Marce...
- Docteur Folamour. 23h35, Paris Première.
- Le Baiser du tueur. Arte, 22.25.
- WORLD. LES CHANTS CARNATIQUES INDIENS DÉVOILÉS EN ...
- La Maison de la 92e rue. Ciné Cinéfil, 9h30.
- Le Père de la mariée. Ciné Cinéfil, 20h30.
- Violence et Passion. Ciné-cinémas, 22h15.
- Madame porte la culotte
- L'homme à la carabine. Ciné Cinéfil, 20h30.
- Au royaume des cieux Ciné Cinéfil, 22 h.
- La Main du diable
- Le Miracle de la 34e rue. Ciné Cinéfil, 20h30. Geo...
- Joyeux Noël...Ciné Cinéfil, 1h25. Peter Godfrey.
- Le Rock du bagne. Ciné Cinéfil, 11h25.
- Une fine mouche. Ciné Cinéfil, 20 h 30.
- Un condamné à mort s'est échappé. Ciné Cinéfil, 20...
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