terça-feira, 28 de outubro de 2008

Pagnol cinéaste a été longtemps critiqué, enterré même, au nom de son mépris apparent du cinéma et de sa conception de la mise en scène comme une simple mise en conserve de ses propres pièces. Il pouvait répliquer, et ne s'en est pas privé, que, dans le même temps où il imprimait ses oeuvres sur pellicule, il avait innové dans le domaine du plan-séquence, du son direct, des extérieurs. A-t-il été, techniquement parlant, un réactionnaire ou un novateur? La question, on le voit, est à peu près insoluble et n'a guère d'intérêt. Ce qu'il a décalqué d'un autre art, ce qu'il a inventé, il l'a fait comme sans y penser, en suivant simplement son instinct à la recherche de la meilleure incarnation possible du monde et des personnages qui lui tenaient à coeur. A voir ses films aujourd'hui, on s'aperçoit, et cela n'est plus contesté par personne, qu'il a été en somme une sorte de classique, pour qui l'écriture du scénario et la création des personnages comptaient plus que tout, d'accord en cela, et peut-être sans le savoir, avec la majorité des grands cinéastes qui ont toujours affirmé (y compris ceux qui n'écrivent pas une ligne de leur script) que l'élément le plus important d'un film est l'histoire, tant comme point de départ que comme resultat réel de la mise en scène.

Jacques LOURCELLES

"Journal de 1966", Présence du Cinéma n. 24-25, outono 1967

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