sábado, 31 de janeiro de 2009

« Très différement de ce qui s'est passé avec La Maman et la putain, ou dans les années 60 avec Godard, chez Wenders - et c'est à mon avis de là que vient son immense succès - il n'y a pas de dimension critique. C'est un sentimental, qui a assimilé toute une sensibilité américaine venue du cinéma de Nicholas Ray: d'où la possibilité d'identification très large du public européen. Sauf que le cinéma de Ray était critique, sinon dans sa forme, du moins par ses personnages. Je cite souvent cette phrase de Fritz Lang: "Tout art doit critiquer quelque chose". A cette époque, Fassbinder a été rejeté; et c'est chez lui qu'on trouvait cette dimension critique, violente, dans la plupart de ses films: de Tous les autres s'appellent Ali à Querelle... »

2 comentários:

Joachim disse...

Cette séquence des abattoirs, c'est la première du premier film de Fassbinder que je découvrais. Un peu rude comme premier contact avec ce cinéaste. Traumatisé par ce film en fait que je n'ai jamais revu depuis.
De qui est le texte ? Pas la première fois que j'entends qu'il y a eu une inversion de cote d'amour entre Fassbinder et Wenders. Moi qui ai commencé la cinéphilie à la fin des années 80, Wenders était alors un dieu... et les films de Fassbinder quasiment impossibles à voir, à l'époque. C'est plutôt le contraire aujourd'hui (sans compter la re-découverte actuelle d'Herzog).

bruno andrade disse...

C'est Jean-Claude Biette dans une entrétien de 1988, conduite par Jean Narboni et Serge Toubiana. Les interventions de Narboni sont quand même intéressants, parfois même très fortes; celles de Toubiana sont d'une faiblesse épouvantable quand ils ne sont pas tout simplement inutiles. A partir de 1979 Biette est le seule critique, avec Skorecki, qui parle très franchement mal de Wenders aux Cahiers (il crée le concept du "cinéma filmé" après L'Ami américain). Même Daney s'implique aux concerts louangeurs a tout nouveau Wenders après les années 70 et 80 (il faut noter qu'il n'aime pas beaucoup Les Ailes du désir à la révision sur la télévision). Lorsque j'ai commencé à la cinéphilie (95, 96), j'ai aimé beaucoup ce sentiment de l'errance, de la dérive que l'on pourrait trouver dans les films de Wenders (Paris, Texas et L'État des choses surtout). Ça c'était de la publicité scénaristique quand même, pas de tout vraiment mis en scène; c'est ce qui était à l'époque, et c'est ce qui l'est encore. J'ai encore de bons souvenirs de ces films, mais c'est quand même vraiment nulle ce qui reste.

Quant à Herzog, c'est un grand, un vrai.

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