terça-feira, 14 de abril de 2009

« Le classicisme, dont la condition sine qua non est le réalisme, se nourrit souvent, et en particulier chez Dwan, d'un sentiment tragique de la vie. Une fâcheuse confusion d'esprit assimile parfois ce sentiment tragique à un pessimisme fondamental - qui pourtant n'a rien à voir avec lui. (Le pessimiste et l'optimiste, cet éternel couple d'imbéciles, comme dit Chesterton...) Ce sentiment tragique de la vie, qu'on trouve à travers toute l'oeuvre de Dwan, n'est en réalité rien d'autre que le sentiment qu'inspire un monde fragile, précieux et menacé, le sentiment aussi, et qui va bien dans le sens du réalisme, que si la vie des personnages est faite, pour une grande part, d'évolution implacable et de moments-clés, elle est faite tout autant d'instants qui n'ont aucun sens en eux-mêmes sinon de participer, eux aussi, à la vie des personnages et d'exprimer dans certains cas un contentement d'être peut-être difficile à definir mais évident et inoubliable. Un contentement simplement humain, un contentement qui est simplement la preuve, chez ceux qui le ressentent, qu'ils ne peuvent s'empêcher d'être sensibles à la beauté du monde, comme ils ne pourront pas non plus, tout à l'heure, s'empêcher d'être sensibles à ses périls et à ses catastrophes, c'est-à-dire d'en être les victimes. »

Jacques Lourcelles, Allan Dwan, Présence du Cinéma n° 22-23, outono 1966, p. 10

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