sábado, 7 de novembro de 2009

L'aura réconciliatrice des films de DeMille est plus inoffensive aujourd'hui que le supplément d'âme que donne le théâtre de Brecht à ceux qui s'en confortent aujourd'hui, puisque voilà reléguée dans le passé sa force d'impact sur le présent: il faudra donc attendre encore quelques années pour que la conjoncture historique qui soutient ce bloc théâtral perde un peu en résonance et pour qu'apparaisse ce qu'il y a de plus structurellement théâtral dans les pièces de Brecht, selon les mêmes phénomènes qui nous permettent de comprendre, de goûter et d'étudier les cantates de Bach. Rappelons aussi qu'à quelqu'un qui lui demandait, au cours d'un dîner, ce qu'il faisait dans la vie, Brecht répondit: « Je fais des bijoux pour les pauvres. »

Jean-Claude Biette, Un cinéma brechtien?, L'Herne, « Brecht » Tome 2, 1977

Um comentário:

Anônimo disse...

J'y crois bien que Biette a tout à fait raison, comme jadis ou aujourd'hui même d'autres (dont Godard, Straub & Huillet, Daney, Skorecki/Noames, Pedro Costa) qui ont dit ou écrit un peu la même chose. Mais peut-être que Biette donne des raisons plus raisonnables encore, et prend l'example le plus hardi, DeMille. Ce n'est pas une boutade, ni une provocation, pas plus qu'un effort désesperé en défense d'un cinéaste qu'on admire. À mon avis, le dernier des "The Ten Commandments" ou "The Greatest Show on Earth", "Unconquered" ou "The Story of Dr.Wassell", tout comme "The Squaw Man" de 1931 sont bien plus "brechtiens" que la plupart des films se réclamant de Brecht, même si DeMille haissait Brecht (ce que j'ignore) sans avoir lu ou vu sur la scène (ce que je doute) aucune de ses pièces.
Miguel Marías

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