segunda-feira, 5 de maio de 2014

J’avais été très impressionné, à l’époque de sa sortie, par De bruit et de fureur. Ce film ressemblait à ce que j’attendais du cinéma : un mélange de réalité sociale très forte et d’onirisme, de surnaturel. C’était inhabituel. Ensuite, j’ai été particulièrement impressionné par Choses secrètes. C’était un film à la forme très libre, cela m’avait énormément plu.
Dans ce dialogue, je souhaiterais partir de mes angoisses de quarantenaire.
Actuellement, je suis en plein questionnement par rapport au cinéma que je fais. Il me semble que j’étais assez tranquille entre 30 et 40 ans. Et, aujourd’hui, après deux longs métrages, je me repose la question : Qu’est-ce que le cinéma ? Vers quoi faut-il aller ? J’ai envie de parler avec vous du naturalisme, de l’anti-naturalisme... Par exemple de cette envie dans
De bruit et de fureur de partir vers le mystère, alors que dans Choses secrètes vous êtes beaucoup plus dans la réalité.

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Je me suis beaucoup confronté à la question de la transposition de la réalité. J’ai commencé à faire du cinéma au début des années 90. Il me semblait qu’il y avait à ce moment-là une sale tendance dans le cinéma français : on se contentait de reproduire la réalité, de reproduire le réel. Je me suis demandé comment sortir de la réalité, ou tout au moins comment l’appréhender autrement.
Pour ce qui est de la liberté de forme dans
Choses secrètes, j’évoquais votre capacité à ne pas craindre les clichés, à recourir à des figures de style du genre champ/contre-42 champ. J’imagine bien que la mise en scène a été très élaborée. Mais elle n’était pas affichée comme dans De bruit et de fureur. Pour mes tout premiers courts métrages, j’avais une attitude dogmatique par rapport à la forme. J’ai même fait un court métrage où la caméra n’avait pas le droit de bouger, ne serait-ce que pour un recadrage. En tant que jeune cinéaste, j’ai eu besoin de passer par une forme très forte, très affichée, très rigoriste. Maintenant, j’essaie de m’en détacher sans vraiment y arriver. Je pense que je suis encore très emprunté. J’ai encore beaucoup trop de références culturelles dans la tête. Quand je parle de forme libre sur Choses secrètes, je pense à certaines séquences - notamment celles avec Roger Mirmont - où l’on pourrait aller vers le téléfilm... Mais où, à chaque fois, on bifurque vers quelque chose de vraiment beaucoup plus fort.

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