terça-feira, 25 de agosto de 2015

Bonjour tristesse (4)

CINECINEMA CLASSIC, 1 h 25

par Louis SKORECKI

Pas le plus beau film de Preminger, mais le plus apaisé. J'emprunte le pitch à Lourcelles : «Cecile [Jean Seberg] change aussi souvent de soupirants que son père [David Niven] de maîtresse. Mais, depuis un certain temps, une tristesse, une amertume, gâte ses plaisirs.» Qui sait résumer un film connaît le cinéma. Lourcelles sait. Il ajoute aussitôt que tout cela date déjà. Tout cela, c'était l'année dernière. La mélancolie se double d'être datée. Même pour Sagan, c'était mieux avant. C'est toujours mieux avant. Toujours.

Est-ce que je dois reparler de Beigbeder ? Deux fois, trois fois, pourquoi pas ? Cette mélancolie brûlée au soleil de la vie, qu'elle éclate en grosses larmes rentrées sur la Côte d'Azur de Sagan ou dans les nuits fauves de Frédéric B. (ou l'inverse), c'est une course à l'envers dont on ne sort pas indemne. Les sentiments écrits gros, on n'en sort pas indemne. Si j'ajoute qu'au couple Jean Seberg-David Niven se joint une grande fille brûlée (pas par les sentiments, juste par le soleil), et que c'est Mylène Demongeot qui la joue, toute jeune, toute lascive, toute jolie ; et que vient s'ajouter à cette triade d'amour la sublimement maladroite Deborah Kerr, porteuse malgré elle de grand malheur, de gros orages ; et que Preminger regarde, amusé, ce passage de saisons, vous voyez mieux ? Non, vous ne voyez pas. Tant pis.

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