terça-feira, 25 de agosto de 2015

La Charge héroïque (2)

Cinécinéma Classic, 20H45

par Louis SKORECKI

J'ai un faible pour John Wayne. Quand il parle à sa femme, sur sa tombe, dans la Charge héroïque, j'ai beau dire à mes yeux d'arrêter de pleurer, ils coulent comme une rivière. Celle des Deux Cavaliers, là où sont postés pour l'éternité deux autres bavards célestes, James Stewart et Richard Widmark. Dire que je les aime, ces deux-là, serait leur faire injure. Ils coulent dans mes veines comme le cinéma n'y coule plus depuis trente ans. Qu'est-ce que je dis, trente ans, cinquante. Quand il coule aussi lentement, qu'est-ce qu'il coule vite. J'en ai la chair de poule. Je me vois sur la tombe de ma mère, en train de faire une prière. La prière des morts et le kaddisch. Il faudrait que j'aille prier sur la tombe de ma mère, je n'y vais pas assez. Je suis un fils indigne. Rien que de le dire, j'en ai les larmes aux yeux. Comme quand John Wayne parle à sa femme dans la Charge héroïque. C'est aussi beau que ses amours maritimes dans le Réveil de la sorcière rouge, le chef-d'oeuvre de Ludwig. C'était le film préféré de Wayne, vous saviez ?

John Wayne est le cow-boy ultime, le prince des cavaliers. Dans la Charge héroïque, il met en fuite des milliers de chevaux. Il s'y connaît en chevaux, John Wayne. Ford aussi, Walsh aussi. Ils savent allumer des feux aux couleurs de leurs films, ils savent les faire flamber. Les couleurs sont en feu, elles brûlent, elles hurlent. Le feu, c'est la vie. Ford et Walsh, c'est la vie. Ford encore plus. Aller au travail jusqu'au dernier jour, jusqu'au bout du bout de la vie, après les massacres, les feux de camp, les feux de joie, les feux de vie. Harry Carey Jr. est là. Fidèle au poste. Comme son père avant lui. Comme la vie avant lui. Quelques trompettes, quelques violons. Ça veut dire quoi, les violons ? La mort, la mort, l'amour. Après la mort, c'est encore la vie. Les chants, les valses, les violons. Les violons ont toujours raison, non ?

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