terça-feira, 25 de agosto de 2015

La Machine (2)

15/10/2002 à 01h25

Ciné Cinéma Auteur, 19 h 25.

SKORECKI Louis

­ Un homme est guillotiné. Paul Vecchiali se demande comment ça se passe. Vecchiali, c'est le seul cinéaste à aller au bout de la vie, au bout de la mort. Ce qu'il dénonce, derrière l'exécution d'un homme, ce sont les chansonniers pétainistes de l'ombre, les Jérôme Larcin du supplément d'âme, les Marianne Bénichou de la politique du pire.

­ Du père, tu veux dire.

­ Le père, c'est celui qui ne pond pas d'oeufs. Vecchiali le sait, ça lui évite de se prendre une omelette dans la gueule.

­ Et la vie ?

­ La vie, ce n'est rien. La seule différence entre un mort et un vivant, c'est que l'un des deux est mort plus vite. Lang et Fassbinder sont morts, Vecchiali est vivant. On ne le laisse pas tourner, mais c'est la vie. L'important, c'est qu'il soit vivant.

­ C'est triste, ton truc.

­ Non, c'est la vie.

­ Tu disais que la vie, ce n'était rien.

­ La vie, c'est une machine. Une machine à vivre, une machine à mourir.

­ Et nous là-dedans, on fait quoi ?

­ On fait mine de contrôler la machine, juste pour avoir l'air moins cons.

­ Alors, la Machine, à part être un chef-d'oeuvre signé Paul Vecchiali, c'est du semblant ?

­ Pas du tout. C'est une illustration du caractère mécanique, irrémédiable, de la vie. C'est l'Invraisemblable Vérité, version comique.

­ Ah bon ?

­ Vecchiali reprend le cinéma là où Lang l'a laissé. La Machine, c'est moins fulgurant que M le Maudit ou l'Invraisemblable Vérité, deux films qui en sont le modèle impossible, mais la Machine, comment dire, c'est plus langien.

­ Vecchiali est plus langien que Lang ?

­ Et plus sirkien que Sirk. Plus fassbinderien que Fassinder.

­ Tu rigoles ?

­ Il est surtout plus mccareyien que McCarey.

­ McCarey ???!!!!???

­ Attirance pour l'aisance et le ridicule, le lyrique et le malaise. Tout ça mêlé, bien sûr. Si quelqu'un peut refaire Elle et lui, c'est Vecchiali. Il le ferait peut-être avec deux hommes, mais ça n'y changerait rien. Vecchiali, c'est le roi du mélo noir.

­ La Machine, alors, c'est un mélo ?

­ Plutôt un documentaire, un documentaire très fassbinderien, sur le plus grand acteur au monde, Jean-Christophe Bouvet.

­ Rien que ça ?

­ Oui.

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