terça-feira, 25 de agosto de 2015

L'Arnaqueur

22/03/2005 à 01h05

SKORECKI Louis

Ne pas confondre ce beau film de Robert Rossen avec sa suite pitoyable, la Couleur de l'argent, concoctée vingt-cinq ans plus tard par le pasticheur du cinéma hollywoodien Scorsese. Seul point commun entre les deux films, Paul Newman, qui n'a pas pu s'empêcher de s'autoparodier en pépé sentencieux et nostalgique.

­ Elle n'est pas de toi, cette expression.

­ Exact.

­ Lourcelles ?

­ Dis donc, tu as de l'oreille.

­ Je connais sa musique.

­ Tu sais que Lourcelles aime encore moins Scorsese que moi ?

­ Ah bon ? Il dit quoi ?

­ «La Couleur de l'argent est l'histoire insignifiante, mais comique par endroits, d'un pépé qui se donne un mal de chien pour apprendre la vie à un petit frimeur de troisième zone.»

­ Pas mal.

­ Attends la suite. «La deuxième partie, où Newman se remet à jouer et veut savoir si son poulain l'emportera sur lui, est totalement inepte.»

­ Sur Scorsese, il dit quelque chose ?

­ Ah oui. Il est brillant, cruel, définitif. «Le vrai sujet du film n'est plus l'arnaque mais la frime, sujet qui tient sans doute à coeur à Scorsese, l'un des plus "frimeurs" parmi les metteurs en scène de sa génération.»

­ Bien vu.

­ Tu comprends pourquoi Daney adorait le dictionnaire de Lourcelles ?

­ Il est précis, c'est ça ?

­ C'est ça. Il est précis.

­ Et Rossen ?

­ Son thème préféré, c'est la réussite.

­ Et l'Arnaqueur ?

­ Acteurs superbes, belle distance avec les clichés du film de genre. Mais son meilleur film, c'est Lilith.

­ Avec Jean Seberg, c'est ça ?

­ Oui. J'ai vu Rossen à Hollywood avec Bernard Gidel en 1965. Il avait arrêté l'interview pour regarder le discours de Lyndon Johnson sur le Vietnam à la télé. Gidel et moi on se marrait comme des fous à cause des oreilles à la Pluto de Johnson. Rossen aurait pu nous foutre à la porte. Il ne l'a pas fait.

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