terça-feira, 25 de agosto de 2015

Le Promeneur du Champ-de-Mars

CANAL+ CINEMA, 16 h 35

par Louis SKORECKI

Les films vont et viennent. La critique ne s'intéresse plus qu'aux concepts et aux tendances. Ça s'appelle un effet pervers. A sa sortie, ce film classique américain de Guédiguian (oui, vous avez bien lu) a été méprisé par ceux qui tiennent Guédiguian pour un péquenot (oui, vous avez bien lu) depuis les torrents d'amour populaire déversés sur Marius et Jeannette. Ces choses-là ne se pardonnent pas chez les «tendances». D'un autre côté, ceux qui ont aimé, n'ont aimé que la performance de Michel Bouquet, rattachant même le film à la tradition Boisset ou Tavernier (oui, vous avez bien lu).

Je tiens le Promeneur du Champ-de-Mars pour le meilleur film français de ces dix dernières années. C'est le dernier film classique américain, et le fait qu'il soit français me donne des frissons dans le dos (je suis comme ça). Enfonçons le clou, c'est le remake de la Dernière fanfare (Ford, 1958). Faut avoir un sacré inconscient et un sacré talent pour oser ça. Pour réussir ça. Qui d'autre ose ? Bruno Dumont ? Ah ah, ah! Nicole Garcia ? Godard ? Cherchez, il n'y a personne. Michel Bouquet est au moins aussi bon que Spencer Tracy, dont il reprend le rôle, Jalil Lespert est meilleur que Jeffrey Hunter, dont il reprend le personnage. Vous ne connaissez pas la Dernière fanfare. Vous n'allez pas au cinéma ? Vous n'avez pas la télé ? Vous vous dîtes cinéphile. Fil de fer, fil à retordre. Je ne peux rien pour vous.

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