domingo, 23 de agosto de 2015

L'Esclave libre

Arte, 20 h 40.

Par Louis SKORECKI

Ne pas oublier que deux années seulement séparent l'Esclave libre (Walsh, 1957) de Rio Bravo (Hawks, 1959). Faut-il en conclure quand même que c'est Rio Bravo qui éclaire l'Esclave libre, et pas l'inverse ? Oui et non. Comment, «oui et non» ? Ne pas oublier que Walsh est un plus grand cinéaste que Hawks. Tu en es sûr ? Bien sûr que j'en suis sûr. Dis-moi pourquoi ? Walsh, c'est Shakespeare. Et Hawks ? Hawks, c'est Molière. Et alors ? Molière est tout petit comparé à Shakespeare, non ? Si tu veux. Je ne veux rien, c'est comme ça. Si tu veux. Tu es un crétin. Si tu veux. Tu m'énerves, à la fin. Reviens au début, alors. OK, écoute bien et prends des notes.

Tu te rappelles de quoi parle l'Esclave libre ? C'est une femme blanche (Yvonne de Carlo) qui devient noire, c'est ça ? C'est le contraire, c'est l'histoire d'une femme noire qui se croit blanche. Et alors ? Elle est vendue comme esclave. Ah oui, je me rappelle, c'est Clark Gable qui la rachète, c'est ça ? Pourquoi la rachète-t-il ? Ben, pour la libérer. De quoi ? De l'esclavage. Son désir, c'est ça ? Ben oui. Elle ne lui plaît pas, alors ? Ah oui, elle lui plaît. Tu vois ça comment ? Il n'arrête pas de la regarder. Où ? Je ne sais pas, dans les yeux. Pourquoi tu dis ça ? Ben, il est bien élevé. Ça suffit à ce que son désir passe par ses yeux ? Oui. Ses yeux à elle ? Non, à lui. Mais lui, il regarde quoi, à la fin ? Ses fesses. Et ses seins alors ? Ses seins aussi. Tu vois, tu comprends.

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