domingo, 23 de agosto de 2015

Moonfleet (2)

CINéCINéMA CLASSIC, 22H20

Par Louis SKORECKI

Revenir à Moonfleet. Encore ? Oui, encore. Pour le cinéma au présent ? C'est ça, le cinéma au présent. Le cinéma de plein fouet ? C'est ça. Le cinéma de plein jour ? Oui. Et encore ? Encore encore. Rio Bravo aussi ? Bien sûr. Pourquoi ? Parce que c'est Rio Bravo qui structure Moonfleet. Mais comment Rio Bravo, qui est sorti en 1959, peut-il structurer Moonfleet, qu'on a vu dès 1955 ? Tu ne vas pas me dire qu'il s'agit de postcritique ou alors de postcinéma ? C'est pire. Le cinéma commence par la fin. La fin, quelle fin ? La fin, c'est tout. On doit regarder en arrière, alors ? Oui.

C'est le travestissement ultime de Rio Bravo qui éclaire le travestissement précoce de Moonfleet. Perruques et minstrel shows, c'est ça ? Oui, c'est ça. Mais on est en 1955, arrête avec tout ça. Et 1955, c'est quoi ? Qu'est ce qui se passe au moment de Moonfleet ? En 1955, le cinéma est déjà foutu. Explosé, brisé, bousillé. Cette année-là, Hitchcock passe à la télé avec ses miniatures indestructibles en noir et blanc. Le minimalisme télé hitchcockien emporte tout sur son passage, même le somptueux Cinemascope que Fritz Lang invente pour Moonfleet. C'est tout ? Oui, c'est tout. Tu veux dire que le papier est terminé ? Oui. Tu veux dire que la leçon a été profitable, c'est ça ? Oui, c'est ça, je suis fatigué. Tu es toujours fatigué.

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