segunda-feira, 24 de agosto de 2015

Police Python 357

Cinécinéma Auteur, 21 Heures.

par Louis SKORECKI

Trente ans après Police Python 357, l'un de ses moins mauvais films, le moins qu'on puisse dire, c'est que Corneau n'est pas Tavernier. Ne pas être Tavernier, est-ce que ça suffit comme carte de visite ? Ne pas être Tavernier, ça veut juste dire qu'il y a un petit truc en plus. Dès son premier film, France, société anonyme, Corneau témoignait de certaines nuances de mise en scène. Pas beaucoup de subtilité, mais des nuances. Comme si les teintes du produit fini, du produit-film, étaient plus importantes pour l'artisan que pour le spectateur auquel il s'adresse. Pas besoin de nuancier, Corneau sait distinguer un rouge sang d'un rouge vermillon. Il y aussi les acteurs. Ils font tout le travail chez Tavernier, ils ne sont que 75 % du film chez Corneau. Tavernier s'appuie tellement fort sur Noiret, dès l'Horloger de Saint-Paul, son premier film, qu'il n'y a pas de place pour autre chose. Autour de Noiret, il n'y a pas d'air, ça ne respire pas.

Trente ans après Police Python 357, on voit bien que Montand et Signoret (François Périer aussi) donnent un peu plus d'eux-mêmes qu'ailleurs. On voit bien que l'air circule entre eux. Pas beaucoup, mais un peu. Le sujet est trop lourd de sens (les acteurs aussi, les acteurs surtout) pour qu'on puisse remonter à la surface respirer un bon coup, mais au moins on n'étouffe pas. Ça fait la différence. Quand Tavernier et Corneau adaptent Jim Thompson, le premier fait Coup de torchon, le second, Série noire. Il n'y a qu'Eddy Mitchell et Philippe Noiret qui cuisent au soleil chez Tavernier, tandis que Patrick Dewaere et Bernard Blier s'ébrouent légèrement, sur une musique de Duke Ellington, chez Corneau. Aucun des deux films n'est un chef-d'oeuvre, mais l'élégance de Corneau sauve la mise. Police Python 357 est trop «existentiel» pour être honnête, mais aucun Tavernier ne lui arrive à la cheville. C'est déjà ça.

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