domingo, 23 de agosto de 2015

Quand l'inspecteur s'emmêle

TCM, 18 h 30.

par Louis SKORECKI

Blake Edwards est un malin. Il aime se venger des scénarios qu'on lui donne en ne les tournant pas, c'est-à-dire en leur substituant une histoire et un ton dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils présentent une extraordinaire originalité, à chaque fois nouvelle, bien que ne changeant pas. Expliquons-nous : l'art de ce cinéaste mal compris (parce que mal situé) est entièrement fait de démesure, laquelle démesure se couvre d'un tissu de conventions qui peut la masquer aux yeux de la plupart ; l'artiste est sans cesse obligé de déguiser son oeuvre pour pouvoir la présenter au public et ce n'est pas la seule raison qui fait qu'Edwards se trouve à mi-chemin d'Hitchcock et de Minnelli, ayant souvent de l'un la cruauté symbolique et abstraite, de l'autre la stylisation excessive, le décor trompeur et mensonger (et aussi la réalité brutale : Days of Wine and Roses a bien des points communs avec la Roulotte du plaisir).

J'ai écrit cette introduction au deuxième épisode de la série des Panthère rose, Quand l'inspecteur s'emmêle, il y a quarante ans, c'était dans les Cahiers du cinéma. J'étais jeune, je signais Noames. Est-ce que je me retrouve dans ces phrases lourdes, dans ces idées tordues ? Disons que ce n'est pas moi. Noames dit aussi qu'Edwards n'accepte de faire un film que quand il est sûr de pouvoir déguiser le propos initial. Pas mal pour un jeune con. Il dit encore que c'est un sujet de farce, et qu'Edwards en a fait un objet de forces vives cherchant à se contrôler les unes les autres, à se dévoiler, à faire la lumière sur chacune d'elles pour mieux rester dans l'ombre, quitte à s'y confondre, à s'y perdre. Quelques paragraphes plus loin, Jean-Louis Noames en vient à la conclusion. Vous voulez savoir ? Vous voulez vraiment ? La panthère n'est plus rose, voici les ballets noirs. Je ne le connais pas, le jeune Noames, mais je l'aime bien. Pas vous ?

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