terça-feira, 25 de agosto de 2015

The Blues Brothers. 13e Rue, 20 h 15.

01/06/1998 à 04h46

SKORECKI Louis

Féru de vieux films kitsch tout autant que de soul music speedée, John Landis a su concilier ses deux amours en jolies fictions recyclées un rien naïves. D'un côté The Blues Brothers (la version originale, pas l'avatar 2000), de l'autre la jolie série télé Dream On, deux réussites à la fois commerciales et artistiques. En ce qui concerne Dream On, les spectateurs familiers de Canal Jimmy savent depuis des années que Landis y a inventé, presque en direct, un art pointu de la citation noir et blanc ­ autant de bribes de fictions, cultes ou ringardes, avec autant de clônes de Ronald Reagan, WC Fields ou Shirley Temple. Dans Dream On, on est aussi dans cette cinéphilie poisseuse et dragueuse de drive in pourri, une même ciné-mémoire qu'un autre ciné-fils a bien recyclée, ce Steven Spielberg avec lequel Landis collabora pour 1941, son seul voyage risqué à ce jour, cauchemar grimaçant d'une Amérique de bande dessinée envahie par les Japonais, gagnants hypothétiques de la Seconde guerre mondiale. The Blues Brothers est d'autant plus attachant qu'il rend respectueusement hommage aux racines de la musique noire américaine, depuis le gospel hystérique de James Brown, fabuleux en preacher chantant, jusqu'au blues minimaliste de John Lee Hooker, plus photogénique que réellement ins- piré en chanteur des rues. Ray Charles est parfait en revendeur de saxophones d'occasion pour musiciens né- céssiteux et Cab Calloway, préhistoire swingante du jazz crooner, semble sorti d'un fantasme noir et blanc de Jerry Lewis. Mais l'apparition la plus fabuleuse est celle d'Aretha Franklin, grassouillette déesse du gospel soul et négresse d'intérieur débordant de vitalité en peignoir rose saumon trop étroit. Maligne, elle ne cesse depuis de harceler John Landis pour qu'il signe ses clips et lui écrive un scénario sur mesure. On se prend à rêver d'un film dont la reine de la soul music serait l'héroïne plantureuse, à mi chemin de Bessie Smith et de Jayne Mansfield. A côté des idoles noires de ses jeunes années, le duo chantant connu sous le nom de Blues Brothers rame un peu.

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