terça-feira, 25 de agosto de 2015

The Lucky Texan. Equidia, 21 heures.

14/01/2000 à 21h59

SKORECKI Louis

Enfance du cinéma, âge d'or hollywoodien où un visage d'acteur ­celui d'un tout jeune John Wayne, presque vierge de regard-caméra, miraculeusement beau ­ pouvait encore porter en lui l'empreinte des chefs-d'oeuvre à venir, ceux de Ford, Hawks, Ludwig. On n'en revient pas. On n'en est pas revenu. Trois ans à peine après que Raoul Walsh mise (The Big Trail, 1930) sur cet accessoiriste auquel Ford avait donné deux petits rôles en 1928, John Wayne est déjà presque une vedette. Teenager ébloui, cow-boy immaculé, il passe en quatrième vitesse dans une dizaine de films de son ami Robert N. Bradbury, de vraies séries B d'une cinquantaine de minutes, abrutissantes de simplicité primitive à la Tom Mix, à la Thomas Ince, à la Griffith. The Lucky Texan est l'un des cinq westerns impeccables de Bradbury, un as du muet, qu'Equidia, la chaîne du cheval, nous propose. Une idée pas plus bête qu'une autre pour rester sur la piste d'un cinéma archaïque, émerveillé, solaire.

Deux ou trois mots sur John Wayne, acteur mort trop tôt, à 72 ans. Tragique et comique à la fois, conservateur atypique, réactionnaire mais en même temps antiraciste, fordien en un mot: à partir de Stagecoach, il devient l'acteur fétiche de Ford avec lequel il tourne, entre 1939 et 1963, une bonne douzaine de films, les plus beaux peut-être (Rio Grande, la Prisonnière du désert, l'Homme qui tua Liberty Valance"). Idéalement hawksien (Red River, Rio Bravo), il est aussi impeccable chez Wellman ou Hathaway, avec lesquels il enchaîna des dizaines de petites merveilles. Son film favori, le Réveil de la sorcière rouge, rappelle l'importance d'Edward Ludwig, artisan timide et oublié avec lequel il tourna plusieurs films superbes. Trois acteurs sont en lice pour le titre de meilleur comédien américain, autrement dit meilleur acteur au monde: James Stewart (le caméléon, le plus stylé, gagnant toutes catégories), Cary Grant (le deuxième, rieur, maccareyien) et surtout Gary Cooper, le plus beau, l'outsider idéal. On oublie toujours John Wayne, ours modeste, intelligent, vif, généreux. C'était aussi un excellent cinéaste. Il nous manque.

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