segunda-feira, 24 de agosto de 2015

Une corde pour te pendre

TCM, 22 h 30.

par Louis SKORECKI

Non, ce n'est pas un western-spaghetti. Ne cherchez ni Clint Eastwood, ni Lee Van Cleef, ni Lou Castel, héros inattendu du nouveau film de Joseph Morder, El Cantor. A la place, imaginez Kirk Douglas, Walter Brennan, Virginia Mayo : Une corde pour te pendre est le dernier volet d'une trilogie de westerns tragiques, pour reprendre l'expression de Lourcelles, une trilogie signée Walsh. Après Pursued (1947) et Colorado Territory (1949), le cinéaste se fait minéral, aride, abstrait. Sept ans avant Rio Bravo, le chef-d'oeuvre postcinéma de Howard Hawks, Walter Brennan joue encore ici son rôle de vieux cow-boy accusé de meurtre. Il faudra attendre pour rencontrer le célèbre personnage d'édenté, de travesti, de vieille folle, qui fait à la fois le drame et la comédie de Rio Bravo. Cinq ans plus tôt, dans My Darling Clementine (Ford), il jouait un serial killer, un personnage tragique, vicieux comme une hyène. Dans Une corde pour te pendre, Kirk Douglas est chargé de conduire Walter Brennan à la ville, où il doit être jugé. Pour empêcher qu'il ne soit lynché, il choisit de prendre le chemin du désert. La belle Virginia Mayo joue la fille de Brennan. Réussira-t-elle à séduire Kirk Douglas ? A faire échapper son père ? Quand l'un s'endort, l'autre tire. L'amour attend son heure. Elle arrivera.

On parlera bientôt de la différence entre Walsh et Hawks. Le premier est chaleureux, poussiéreux, sensuel, le second se fait androgyne, fluet, théorique. Ce sont deux disciples de Griffith et DeMille, amateurs de femmes, d'avions et de chevaux, mais leurs films sont comme le jour et la nuit. Walsh parle encore moins que Hawks, qui n'est pourtant pas très bavard. Quand ils se croisent, ils se saluent de la main. Ils se connaissent, ils se suivent du regard. Et Ford ? Qui vous a dit que Ford faisait du cinéma, d'abord ?

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